Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée et homme fort de l’Algérie, a indiqué hier avoir ordonné à la gendarmerie d’empêcher l’accès de la capitale Alger aux manifestants d’autres régions du pays. Cette démarche intervient trois jours après l’annonce par le président intérimaire Abdelkader Bensalah d’une nouvelle date – le 12 décembre – pour la tenue d’une élection présidentielle, un scrutin catégoriquement rejeté par le mouvement de contestation chaque vendredi dans les rues de la capitale. « J’ai donné des instructions à la gendarmerie nationale » pour empêcher la venue de manifestants « d’autres wilayas » (préfectures) à Alger, a déclaré dans un discours le général Gaïd Salah. À cette fin, il a appelé à « l’application rigoureuse des réglementations en vigueur, y compris l’interpellation » et la saisie « des véhicules et des autocars utilisés », ainsi que la délivrance d’« amendes à leurs propriétaires ». Dans ce discours prononcé à Tamanrasset, dans l’extrême sud, le général Gaïd Salah a motivé sa démarche par l’existence de « certaines parties (...) aux intentions malveillantes, (qui) font de la liberté de déplacement un prétexte pour justifier leur dangereux comportement », lequel « consiste à créer tous les facteurs qui perturbent la quiétude des citoyens ». Ces « parties », non identifiées, drainent « chaque semaine des citoyens issus de différentes wilayas du pays vers la capitale afin d’amplifier les flux humains dans les places publiques, avec des slogans tendancieux qui n’ont rien d’innocent », a argué Ahmed Gaïd Salah. « Leur véritable objectif est d’induire l’opinion publique nationale en erreur avec ces moyens trompeurs pour s’autoproclamer fallacieusement comme les porte-voix du peuple algérien », a-t-il ajouté.
Moyen Orient et Monde - Algérie
L’armée empêchera les manifestants venus d’autres régions d’accéder à Alger
OLJ / le 19 septembre 2019 à 00h00


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