Rechercher
Rechercher

Agenda - Récompenses

La Fondation Boghossian décerne ses prix à la villa Audi

Photo souvenir regroupant les lauréats (ou leurs représentants) et les membres du jury du prix Boghossian dans sa septième édition. Photo Jamal Saidi

« Heureusement que nous avons l’art pour ne pas mourir de la vérité. » C’est sous l’ombrelle de cette citation de Nietzsche qu’a eu lieu hier la remise des prix de la Fondation Boghossian à la villa Audi (quartier Sursock) en présence de l’ambassadeur de Belgique, Hubert Cooreman, et son épouse Hoda, de Walid Moussalem, représentant le ministre de la Culture, Mohammad Daoud, ainsi que de Christiane Audi, présidente de la Fondation Audi.

Dirigée par Louma Salamé, la Fondation Boghossian décerne chaque année des prix dans différentes disciplines artistiques. Pour la septième édition du prix, le jury – composé de Zeina Abirached, illustratrice et auteure de bandes dessinées, Marc Dibeh, designer multidisciplinaire, et Aurélien Zouki, artiste multiple, codirecteur de la Hammana Artist House et du collectif Kahraba – a choisi de récompenser un photographe et une illustratrice, et de saluer le travail de trois autres artistes, en parallèle, en collaboration avec la Fondation Liban Cinéma et l’association des bibliothèques publiques Assabil.

Dans la catégorie peintre, c’est Johnny Semaan qui a été mis à l’honneur. À 36 ans, il a fait son éducation artistique en Syrie et au Liban. Ses peintures ont été présentées dans de nombreux expositions et Salons. « La majorité de ses peintures sont mystérieuses car constituées d’éléments composites, ou d’hommes sans visage, qui situent l’œuvre entre abstraction et figuration », a souligné Mary Boghossian Salamé en remettant son prix à l’artiste. « Son travail sur le corps humain est d’une grande force, et sa maîtrise de la technique remarquable », a ajouté la responsable des activités de la Fondation Boghossian à Beyrouth.

Dans la catégorie illustration, c’est Joan Baz, 33 ans, qui a été récompensée. Professeure d’illustration depuis plusieurs années et dans plusieurs universités dont l’Université américaine de Beyrouth, elle est par ailleurs codirectrice du Beirut Animated Festival. Baz a déjà exposé à Sharjah, Paris et Beyrouth, et possède à son actif deux publications. Son œuvre a fait l’unanimité auprès du jury pour « son large spectre d’exposition graphique et son univers singulier, elle a déjà un langage propre à elle, plein de poésie, d’humour et de nostalgie. Le processus de création semble être à chaque fois à la fois transparent et rigoureux. Ses images s’apparentent également à l’exercice primaire, ancestral et toujours contemporain de l’ajustement et l’équilibre des formes, des couleurs et des motifs ».

Le troisième lauréat, dans la catégorie photographie, est Roger Mokbel. À 35 ans, il a étudié l’ingénierie et la biotechnologie, mais a trouvé sa vocation réelle en tant que photographe autodidacte il y a plusieurs années. Il a été sélectionné et soutenu par l’Arab Documentary Photography Program en 2018. Le jury a été impressionné par son projet photographique appelé Describe the Sky to Me. Mokbel s’est intéressé, dans ce projet, au quartier de Bourj Hammoud. « La force de ce travail est due à de magnifiques cadrages, une puissance de la composition et surtout du clair-obscur, car la majorité de ces habitations ne reçoivent presque plus de soleil ni de lumière naturelle, a indiqué Boghossian Salamé. Le sujet est fort, la réalité difficile pour les habitants et la photo de Mokbel est un instrument qui contribue à un éventuel changement social. »

La Fondation Boghossian a également remis trois autres prix en partenariat avec des associations culturelles libanaises. Avec l’association Assabil, qui œuvre à la promotion de la lecture par le développement des bibliothèques publiques, la fondation a récompensé une auteure et une illustratrice de littérature jeunesse en langue arabe, Mays Dagher et Leina Merhej, pour l’ouvrage al-Oustoura (« La légende »), chez Dar el-Hadaeq. « Le livre primé se distingue par l’humour des illustrations et du texte, par l’originalité de son format entre la bande dessinée et l’album, par le choix audacieux de traiter des relations parents/adolescents peu évoquées dans la littérature arabe, et ce sur un mode sincère et sans jugement », a précisé Antoine Boulad, s’exprimant au nom de l’association Assabil.

Ensuite, en partenariat avec la Fondation Liban Cinéma, le réalisateur Michel Kammoun a été récompensé pour son long-métrage Beirut Hold’em qui retrace la vie de Ziko, 40 ans, ex-taulard et petit joueur dans un quartier miteux beyrouthin. Kammoun avait réalisé un premier long-métrage, Falafel, et plusieurs formats courts.

Outre la somme de 10 000 dollars octroyée à chacun des lauréats, la Fondation Boghossian invite ces derniers à un séjour en résidence d’artiste à la villa Empain de Bruxelles. Remi Itani, dont le documentaire A Long Breath sur le quartier tripolitain de Bab

el-Tebbané a retenu l’attention du jury et de la Fondation Liban Cinéma, représentée par sa présidente Maya de Freige, s’est également vu offrir une résidence d’artiste à Bruxelles.

« Heureusement que nous avons l’art pour ne pas mourir de la vérité. » C’est sous l’ombrelle de cette citation de Nietzsche qu’a eu lieu hier la remise des prix de la Fondation Boghossian à la villa Audi (quartier Sursock) en présence de l’ambassadeur de Belgique, Hubert Cooreman, et son épouse Hoda, de Walid Moussalem, représentant le ministre de la Culture, Mohammad Daoud, ainsi que de Christiane Audi, présidente de la Fondation Audi.Dirigée par Louma Salamé, la Fondation Boghossian décerne chaque année des prix dans différentes disciplines artistiques. Pour la septième édition du prix, le jury – composé de Zeina Abirached, illustratrice et auteure de bandes dessinées, Marc Dibeh, designer multidisciplinaire, et Aurélien Zouki, artiste multiple, codirecteur de la Hammana Artist House et du...