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Moyen Orient et Monde

Le clan du roi Salmane accentue son emprise sur le pouvoir

Arabie saoudite

Khaled al-Falih a été remplacé par le fils du roi Salmane et frère du prince héritier, le prince Abdelaziz, au poste de ministre de l’Énergie.

Julie KEBBI | OLJ
10/09/2019

Citant un décret royal, l’agence saoudienne SPA a annoncé dimanche le remplacement de Khaled al-Falih par le prince Abdelaziz ben Salmane al-Saoud au poste de ministre de l’Énergie. Fils du roi Salmane et demi-frère du dauphin saoudien, le prince Abdelaziz devient le troisième membre de la famille royale à accéder à un poste ministériel. Le poste de ministre de la Défense est occupé par le prince héritier Mohammad ben Salmane depuis janvier 2015, tandis que son frère cadet, le prince Khaled, est devenu ministre adjoint de la Défense en février 2019.

Le choix du roi Salmane de nommer le prince Abdelaziz, premier membre de la famille royale à occuper le poste de ministre de l’Énergie, rompt avec l’équilibre respecté par les souverains précédents dans la répartition des portefeuilles ministériels. Alors que le pétrole représente la source de revenu majeure pour le royaume, ce poste est traditionnellement attribué à un individu qui n’est pas issu de la famille royale afin de ne pas concentrer un pouvoir trop important entre les mains de la famille régnante. Le limogeage de Khaled al-Falih, figure extrêmement respectée, a soulevé de nombreuses questions. Quelques jours avant la publication du décret royal, il avait été démis de son poste de président d’Aramco, la compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbures, et remplacé par Yasser al-Roumayyan, le gouverneur du Fonds d’investissement public du royaume.

« Cela va probablement renforcer l’autorité de MBS, mais (cette décision) porte aussi certainement le cachet du roi, qui s’est donné du mal au cours de l’année passée sur un certain nombre de dossiers politiques clés pour rappeler à tous qu’il reste le moteur premier et l’autorité principale dans le pays », observe Hussein Ibish, chercheur à l’Arab Gulf States Institute à Washington, interrogé par L’Orient-Le Jour. « Avec Yasser al-Roumayyan à la tête du Fonds souverain saoudien et le prince Abdelaziz à la tête du ministère de l’Énergie, le roi et le prince héritier ont tous deux des alliés de haute confiance à ces positions vitales (pour le pays) », leur permettant de consolider leur emprise sur le pouvoir, poursuit-il.


(Lire aussi : Le roi Salmane nomme un de ses fils ministre de l’Énergie)


Acteur influent

Vu comme un acteur-clé, le prince Abdelaziz, âgé de 60 ans, dispose d’une longue expérience dans le domaine de l’énergie. Il commence sa carrière dans l’enseignement à l’Université du roi Fahd du pétrole et des minéraux avant de devenir conseiller au sein de ministère de l’Énergie à la fin des années 1980. Il reste au sein de l’institution les décennies suivantes, d’abord au poste de vice-ministre de l’Énergie en 1995 puis à celui de ministre adjoint de 2005 à 2017 avant d’être ministre d’État aux Affaires énergétiques.

Alors que certains observateurs s’attendaient à sa nomination au poste de ministre de l’Énergie, « le timing de cette décision est probablement lié à celle d’aller de l’avant avec l’introduction en Bourse (d’Aramco), à propos de laquelle M. al-Falih aurait été prudent », note Hussein Ibish tout en soulignant la difficulté d’interpréter ce type de décisions relatif au cercle rapproché du gouvernement saoudien. « Dans un sens, il s’agit de remplacer un technocrate respecté par un dirigeant politique hautement expérimenté », estime-t-il. L’autorité de Khaled al-Falih avait déjà été affaiblie à la fin du mois d’août avec la création d’un nouveau ministère pour l’Industrie et les Ressources naturelles par Riyad, séparé du « superministère » de l’Énergie, signe d’un certain mécontentement face au manque de résultat de ses actions. Discutée et préparée depuis 2016, l’introduction en Bourse (IPO) d’une partie du capital d’Aramco (5 %) s’annonce comme une opération de grande ampleur, alors que la compagnie produit 10 % du pétrole brut mondial et dispose d’importantes réserves. Une opération délicate et controversée à laquelle le roi Salmane s’était initialement fermement opposé l’été dernier en réponse aux inquiétudes suscitées dans les cercles proches par la nécessité de révéler des détails financier de la société, avait rapporté Reuters. Un an plus tard, Riyad devrait annoncer, sous peu, les banques choisies pour réaliser l’opération.



Pour mémoire
Un frère du roi, critique de MBS, rentre à Riyad

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Bustros Mitri

Le dossier Kashoggi n' est pas refermé pour ceux qui le croient oublié...

BOSS QUI BOSSE

Y a rien à dire .

Louis XIV disait bien l'état c'est moi au 17ème/ 18eme siècle.

Les bensaouds ont encore de la marge , ça ne fait que 3 à 4 siècles de retard .

Eux au moins ils sont sortis de l'âge de la pierre.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ILS DECIDENT DE TOUT. L,OBSCURANTISME Y REGNE. L,UNE DES DEUX FACES DE LA MEME MONNAIE : SAOUDITE ET IRAN !

Menassa Antoine

Un avenir prometteur pour le pays . Le Prince Abdul Aziz Ben Salmane est aussi un Technocrate expérimenté très hautement qualifié au ministère qui vient de lui être attribué ...

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