Le professeur Raymond Chemaly n’est plus. Aîné d’une fratrie de six, il a suivi son frère cadet Roger et ses parents dans l’éternité du Père.
Neuropsychiatre et professeur de neurologie, diplômé de la faculté française de médecine (devenue depuis faculté de médecine de l’Université Saint-Joseph) et de la faculté de médecine de l’Université de Paris, ancien chef de service de neurologie de l’Hôtel-Dieu de France à Beyrouth, il était redouté pour son exigence et son intransigeance face à la médiocrité. C’est pour cette même intransigeance qu’il était tout autant apprécié, admiré, recherché et reconnu par ses malades et par ses pairs.
Son intégrité et sa passion pour ce qu’est l’essence de la médecine, (« art de prévenir et de soigner les maladies de l’homme ») faisaient de lui la référence et un exemple pour bon nombre de médecins à qui il a enseigné. Ses élèves sont partout dans le monde et notamment dans les plus grands hôpitaux américains. Le savoir se transmet et n’a aucune frontière.
L’immensité de son savoir au service de ses patients, le souci du détail et l’approche unique qu’il avait des malades étaient sa force et sa spécificité. Il a, sa vie durant, lutté pour prodiguer le meilleur à ceux qu’il a soignés avec un dévouement et une abnégation sans faille. Sa vive intelligence, son charisme, son expertise médicale dépassaient les normes habituelles et n’avaient d’égal que son humilité. Un de ses anciens patients venant d’Afrique relatait récemment qu’il avait fallu près de deux ans de tests et autres examens en France pour arriver au même diagnostic que Raymond Chemaly avait posé au Liban… il existe une pléthore d’autres cas similaires....
Il savait entendre les malades et, mieux encore, les écouter. L’être humain est « un tout » et non une simple douleur ou un symptôme à régler en quelques minutes.... Une école de pensée, d’action et de valeurs devenue rare. Son examen clinique méticuleux, méthodique et patient (une consultation durait rarement moins de 45 minutes), la clarté de son esprit et sa pertinence donnaient à ses malades le réconfort du travail bien accompli.
Il a soigné dans tous les coins et les recoins du Liban, dans des hôpitaux de premier rang comme dans des dispensaires de fortune. Il a parcouru du nord au sud ce Liban qu’il a toujours refusé de quitter malgré toutes les difficultés qu’il a rencontrées pour exercer son métier. Ce Liban qu’il a tant aimé...
Un homme généreux, patient et unique avec un humour caustique et malicieux. Un père attentif et sévère mais aussi soucieux de respecter le choix et la liberté de ses enfants.
Époux, père, frère et oncle aimé et apprécié, il laisse un grand vide. De lui on retiendra sans doute deux qualités essentielles pour un médecin : une connaissance scientifique et médicale unique doublée d’une intégrité sans faille, vecteur de vie qui lui a été transmis par ses parents aimants et qu’il s’est fait fort de léguer à ses enfants. Il est parti comme il a vécu, dans la discrétion et entouré de l’amour des siens.
Repose en paix. Prions Dieu pour qu’il t’accueille dans son éternité. Il saura, nous en sommes sûrs, te reconnaître tout le bien que tu as fait autour de toi.
Antoine Roger Chémali
Nicole Raymond Chemaly-Périn

