Les Français, champions olympiques en titre en saut d›obstacles, ne sont toujours pas qualifiés pour les JO 2020 à Tokyo. À Rotterdam, ils jouent donc gros pour les championnats d’Europe d’équitation qui débutent aujourd’hui. De gauche à droite, les médaillés d’or français lors des Jeux de Rio en 2016 : Roger-Yves Bost, Pénélope Leprevost, Philippe Rozier et Kevin Staut. Philippe Lopez/AFP
Championne olympique en titre en saut d’obstacles et toujours pas qualifiée pour les JO 2020 à Tokyo (Japon), la France joue gros à Rotterdam (Pays-Bas) lors des Euros d’équitation. Seuls trois tickets seront délivrés pour les Jeux de Tokyo alors que plusieurs grandes nations équestres veulent aussi le sésame. Ces championnats d’Europe, qui débutent aujourd’hui avec le dressage (également qualificatif pour les JO 2020), sont donc une priorité absolue pour les cinq cavaliers français et leurs montures : Roger-Yves Bost (Sangria du Coty), Nicolas Delmotte (Urvoso du Roch), Alexis Deroubaix (Timon d’Aure), Pénélope Leprevost (Vancouver de Lanlore) et Kevin Staut (Calevo 2).
« Une médaille par équipe, c’est une grande satisfaction, mais la qualification olympique, c’est pour tout le monde équestre français », souligne le nouveau sélectionneur national, Thierry Pomel. Il a été nommé en janvier, quatre mois après que les Tricolores ont échoué à valider leur billet pour Tokyo lors des Jeux équestres mondiaux à Tryon (États-Unis). « Je me suis mis beaucoup de pression avec toute cette réflexion, maintenant il faut y aller. J’assume la sélection, je crois dans les couples. Ces cinq cavaliers ont tous couru de grands championnats, ils ont plein de médailles autour du cou, ils savent parfaitement où ils vont », poursuit Pomel, qui saura vendredi prochain s’il a fait le bon choix, les épreuves de saut débutant après-demain mercredi.
Parmi les cinq Bleus, trois ont vécu l’aventure héroïque des Jeux de Rio (un second sacre 40 ans après le premier), mais l’histoire n’est plus la même pour Bost, Leprevost et Staut.
« Il s’est passé beaucoup de temps depuis, on ne monte pas les mêmes chevaux, il y a eu depuis un championnat du monde où on n’a pas été très efficaces. Énormément de choses ont changé. Là, on a un impératif de résultat. La vérité sera en piste (…) », explique Staut, qui n’avait même pas envisagé participer aux Euros alors qu’il est « en pleine reconstruction » depuis le début de l’année. Le cavalier, qui monte seulement depuis mars Calevo 2, n’a pas envie de revivre l’échec de 2008. Pour ses premiers championnats d’Europe, à Mannheim (Allemagne), les Bleus avaient failli et n’avaient pas pris part à la grande fête olympique à Pékin. La France avait même ensuite été rétrogradée en 2e division. Mais Staut a confiance en son nouveau cheval, qui a progressé très vite. Et ces Euros se déroulent à Rotterdam, qui accueille depuis longtemps de Grand Prix très prisés et appréciés des cavaliers.
Bost, lui aussi, connait bien les lieux. « J’ai fait plus de dix fois Rotterdam, j’ai été classé régulièrement là-bas, c’est un concours qui réussit bien aux Français. Il y a une grande forêt, les chevaux sont contents, c’est une bonne atmosphère », relève Bost, qui a économisé pour l’échéance sa jument Sangria, longtemps blessée. « Elle est au top de sa condition, on va essayer quelque chose et servir l’équipe », promet le cavalier de Barbizon, qui espère que l’expérience des Français jouera en leur faveur.
Car la pression sera de mise aux Pays-Bas. De grandes nations européennes du monde équestre ne sont pour l’instant pas du voyage au Japon, comme la Belgique, l’Irlande ou encore la Grande-Bretagne. Pour l’instant, sont qualifiés pour les JO 2020 la Suède, l’Allemagne, la Suisse et les Pays-Bas, avec les États-Unis et l’Australie. Mais contrairement à 2008, il y aura une ultime session de rattrapage, du 3 au 6 octobre, avec la finale de la Coupe des nations à Barcelone. Avec à la clé un seul billet olympique. Outre le saut d’obstacles, la France a pour objectif de se qualifier pour les Jeux en dressage.
Sabine COLPART/AFP

