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Moyen Orient et Monde

Deuxième journée de chaos à l’aéroport de Hong Kong

Manifestations prodémocratie

Les protestataires ont bloqué les accès aux zones de contrôle de sécurité.

OLJ
14/08/2019

L’aéroport de Hong Kong a connu hier une deuxième journée de chaos avec la suspension ou l’annulation de centaines de vols du fait des manifestations prodémocratie, le gouvernement local les accusant de précipiter la ville sur une voie « sans retour ».

Tandis que des dizaines de milliers de passagers étaient pénalisés par cette nouvelle action coup de poing des contestataires, la Chine a accentué la menace d’une intervention, à travers des vidéos diffusées par ses médias officiels montrant des forces se massant à la frontière de la région semi-autonome. L’ex-colonie britannique traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à Pékin en 1997. Parti début juin du rejet d’un projet de loi hong-kongais qui entendait autoriser les extraditions vers la Chine, le mouvement a considérablement élargi ses revendications pour dénoncer le recul des libertés et les ingérences de Pékin dans les affaires intérieures.

Au cinquième jour d’une mobilisation sans précédent à l’aéroport, les contestataires ont obstrué les allées et les passages conduisant aux zones d’embarquement des deux terminaux. En réaction, les autorités aéroportuaires ont pris la décision d’annuler les procédures d’enregistrement pour tous les vols prévus à partir du milieu de l’après-midi.

Lundi, l’aéroport avait déjà pris la décision rarissime de supprimer des centaines de vols, en raison de la manifestation. Et si les décollages et les atterrissages avaient brièvement repris hier matin, des dizaines de milliers de passagers ont été affectés.

« Situation dangereuse »

La chef de l’exécutif hong-

kongais– qui est désignée par Pékin–, Carrie Lam, a de nouveau mis en garde hier contre les conséquences sur Hong Kong, une des capitales mondiales de la finance. « La violence, que ce soit son utilisation ou son apologie, poussera Hong Kong sur une voie sans retour » et la société hong-kongaise risquera alors de plonger dans « une situation très inquiétante et dangereuse », a affirmé Mme Lam au cours d’une conférence de presse. « La situation au cours de la semaine écoulée m’a fait craindre que nous ayons atteint cette situation dangereuse », a-t-elle ajouté, les larmes aux yeux. Mais ces déclarations ont tout sauf dissuadé les milliers de manifestants qui sont retournés hier après-midi à l’aéroport, un des plus fréquentés du monde avec 74 millions de passagers par an.

Contrairement aux sit-in pacifiques dans le hall des arrivées de ces derniers jours, les protestataires souvent vêtus de noir – la couleur emblématique du mouvement – et pour la plupart masqués ont cette fois bloqué les accès aux zones de contrôle de sécurité.

« Je veux que nous fermions l’aéroport comme hier pour que les vols en partance soient annulés », a déclaré à l’AFP un étudiant de 21 ans se faisant appeler Kwok.

Les manifestants ont érigé des barricades à l’aide de chariots à bagages pour bloquer les accès aux zones de sécurité, avant de former une chaîne humaine afin d’empêcher de passer les passagers, avec lesquels quelques accrochages se sont produits.

Lundi, c’est une foule de plus de 5 000 personnes qui avaient envahi l’aéroport pour dénoncer les violences policières. Les autorités aéroportuaires avaient alors annulé tous les vols restants dans la journée. Hier, le trafic avait progressivement repris à l’aube, mais des centaines de vols demeuraient annulés, avant même que l’aéroport ne replonge dans le chaos dans l’après-midi. « Défendez Hong Kong ! Défendez les libertés ! » scandaient les manifestants.

« Terrorisme »

Nombre de passagers coincés continuaient d’afficher leur solidarité avec les manifestants. Ce sont « les personnes les plus adorables du monde », disait ainsi en souriant Pete Knox, 65 ans, qui réalise un tour du monde de dix mois avec son vélo. « Je comprends le fond de leur mobilisation qui concerne la liberté et la démocratie, deux choses capitales. » Mais certains commençaient aussi à perdre patience. « Je n’ai rien contre les manifestants, mais on a cinq heures de retard », pestait Wing Au-yeung, 50 ans, en escale à Hong Kong.

La mobilisation, de plus en plus marquée par des heurts entre radicaux et forces de l’ordre, constitue un défi inédit pour le gouvernement central qui a dit lundi y déceler « des signes de terrorisme ». Hier, des médias officiels chinois ont renchéri et qualifié les manifestants de « gangsters », faisant planer le spectre d’une intervention des forces de sécurité.

Deux médias publics, le Quotidien du peuple et le Global Times, émanations directes du Parti communiste, ont diffusé des vidéos censées présenter des blindés de transport de troupes se dirigeant vers Shenzhen, une métropole aux portes de Hong Kong. Un territoire désormais « au bord de l’abîme », a averti, dans un entretien avec la BBC, son dernier gouverneur britannique, Chris Patten.

Source : AFP

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