Le président du Parlement, Nabih Berry, a convoqué une réunion de la Chambre le 17 octobre à 11h afin de plancher sur l’interprétation de l’article 95 de la Constitution, à la demande du chef de l’État, le président Michel Aoun, sur fond de différend au sujet du respect de la parité au sein de l’administration publique.
Le président de la République avait, dans un premier temps, refusé de signer le budget de 2019 tel qu’adopté par le Parlement, en raison de l’alinéa controversé de l’article 80 de la loi de finances qui édicte que les lauréats (en grande majorité musulmans) du concours aux postes de 2e et 3e catégorie de la fonction publique, qui n’ont pas encore été intégrés dans les rangs des fonctionnaires, soient exemptés de la loi figurant dans le même article et imposant un gel des recrutements dans l’administration. Le chef de l’État avait finalement signé le budget, le 31 juillet, dans une volonté de ne pas entraver l’action du gouvernement, faisant parvenir toutefois une missive à M. Berry pour lui demander de convoquer la Chambre afin de se pencher sur l’interprétation constitutionnelle de l’article 95.
M. Aoun et son camp jugent que l’alinéa rejeté contredit l’esprit du pacte national pris en compte dans la Constitution, alors que d’autres composantes politiques estiment au contraire que la parité intercommunautaire ne concerne plus depuis l’accord de Taëf que les fonctions de 1re catégorie.

