La bataille juridique inédite entre le souverain de Dubaï et son épouse jordanienne peut créer de la rancœur entre les Émirats arabes unis et la couronne hachémite, mais elle pèse peu par rapport aux intérêts économiques et stratégiques entre Amman et Abou Dhabi, estiment des spécialistes.
Le roi Abdallah II de Jordanie, demi-frère de la princesse Haya, était reçu il y a quelques jours avec les honneurs à Abou Dhabi, le chef de file de la Fédération des Émirats arabes unis. L’occasion de souligner, à l’unisson avec l’homme fort des Émirats cheikh Mohammad ben Zayed, la solidité des liens entre les deux pays. « Je me suis senti parmi les miens », a écrit sur Twitter le souverain jordanien à propos de cette visite, en souhaitant « le maintien des liens entre les deux pays et les deux peuples frères ».
« L’affaire affecte principalement les liens entre Dubaï et la famille royale hachémite », estime Andreas Kreig, professeur au King’s College de Londres. « Je pense qu’il s’agit d’une affaire de famille qui concerne les al-Maktoum et les Hachémites. Ses effets sur les relations entre les deux pays seront limités », insiste-t-il. Hussein Ibish de l’Arab Gulf States Institute à Washington va dans le même sens, excluant que la dispute puisse poser « un véritable problème politique ou diplomatique entre les deux pays ». Au plan économique, la Jordanie est sous la pression du flux des réfugiés syriens, dont 630 000 sont enregistrés auprès des agences des Nations unies mais dont le nombre atteint, selon les autorités de Amman, 1,4 million. Les Émirats, avec l’Arabie saoudite et le Koweït, ont annoncé en 2018 une aide de 2,5 milliards de dollars en faveur de la Jordanie. À eux seuls, les Émirats accueillent entre 250 000 à 300 000 Jordaniens dont les transferts sont une contribution importante à l’économie de leur pays.

