Comme il y a deux ans à Budapest, en Hongrie, l’Américain Caeleb Dressel a récité une partition spectaculaire aux championnats du monde de natation à Gwangju, en Corée du Sud. Manan Vatsyayana/AFP
Cent minutes pour trois médailles d’or, seconde représentation : comme il y a deux ans à Budapest, Caeleb Dressel a récité samedi une partition spectaculaire en trois mouvements, aux championnats du monde de natation à Gwangju, en Corée du Sud.
Le récital a débuté avec la finale du 50 m crawl, dominée en un temps canon de 21 sec 04/100es, ce qui fait désormais du sprinteur américain l’homme le plus rapide de l’histoire sur l’aller simple hors combinaisons. Il a connu une nouvelle envolée seulement une demi-heure plus tard, en finale du 100 m papillon, qu’il a confisquée en 49 sec 66/100es, repoussant son plus proche poursuivant à plus d’une seconde. Le spectacle s’est conclu une heure après, au bout du relais 4 x 100 m crawl mixte remporté par les États-Unis (3 min 19 sec 40/100es, record du monde).
Aux Mondiaux 2017, à 20 ans seulement, Dressel avait délivré le même feu d’artifice. Mais ce qui est encore plus fort dans le bassin coréen, c’est qu’au-delà de donner le tournis à son compteur de médailles d’or, Dressel fait en prime valser les chronomètres. Dès lundi dernier, sur 50 m papillon, il avait nagé le 2e meilleur chrono de l’histoire, à 08/100es du record du monde (détenu par l’Ukrainien Andriy Govorov). Surtout, avant de devenir l’homme le plus rapide de l’histoire en tissu sur 50 m crawl samedi, il avait acquis la veille le même statut sur le prestigieux 100 m crawl, en devenant le tout premier à boucler la course reine en moins de 47 secondes (46 sec 96/100es) hors combinaisons. Et sur 100 m papillon, vendredi également, en demi-finales, il s’était offert son tout premier record du monde en pulvérisant le temps de référence jusque-là détenu par la légende, américaine elle aussi, Michael Phelps (49 sec 50/100es contre 49 sec 86/100es). Monumental !
Voilà Dressel à la tête d’une collection de 13 couronnes mondiales, ce qui fait déjà de lui, à 22 ans seulement, le 3e nageur le plus titré de l’histoire aux Mondiaux (derrière Phelps et son autre compatriote Ryan Lochte).
Dans le bassin coréen, il en a raflé six. En récolter autant en une seule échéance mondiale, à deux reprises, c’est du jamais-vu. Et le Floridien au bras gauche saturé de tatouages – un aigle, un ours, un drapeau américain, des oranges, etc. – était même hier, au dernier jour des compétitions, à portée de rééditer son exploit hongrois, avec sept titres, ce que seul Phelps avait réalisé auparavant (en 2007) : il a plongé, une dernière fois, pour le relais 4 x 100 m 4 nages messieurs. Toutefois, en s’imposant et remportant l’or, le quatuor britannique a privé les États-Unis d’un nouveau sacre sur la distance et empêché du même coup Dressel d’égaler son record lors d’un rendez-vous mondial.
En outre, en relais 4 x 100 m 4 nages, hier, les Américaines se sont couvertes d’or et ont battu, en une seule course, deux records du monde : elles ont amélioré leur propre record sur la distance en 3 min 50 sec 40/100es, battant de plus d’une seconde leur ancien temps de référence (3 min 51 sec 55/100es à Budapest en 2017). Et à 17 ans, leur équipière Regan Smith, partie la première, a battu la meilleure marque mondiale du 100 m dos (57 sec 57/100es contre 58 sec), dynamitant la course d’entrée.
Les autres champions du monde sacrés au cours du week-end sont : l’Américaine Katie Ledecky (800 m crawl), la Suédoise Sarah Sjöström (50 m papillon), l’Américaine Regan Smith (200 m dos), le Sud-Africain Zane Waddell (50 m dos), l’Américaine Lilly King (50 m brasse), le Japonais Daiya Seto (400 m 4 nages), l’Américaine Simone Manuel (50 m crawl), l’Allemand Florian Wellbrock (1 500 m crawl), la Hongroise Katinka Hosszu (400 m 4 nages).
Source : AFP

