Les gardiens de la révolution ont publié une vidéo de sept minutes qui montre des images apparemment tournées à partir d’un drone volant à haute altitude et zoomant sur un convoi de cinq navires présenté comme celui du Boxer en train de passer le détroit d’Ormuz vers le Golfe jeudi. AFP / Iran's Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC)
Les gardiens de la révolution iraniens ont annoncé hier soir avoir « confisqué » un pétrolier britannique, le Stena Impero, dans le détroit d’Ormuz. Le bâtiment a été arraisonné par la force navale des gardiens pour « non-respect du code maritime international », « à la demande de l’Autorité portuaire et maritime de la province de l’Hormozgan », indique un communiqué sur Sepahnews, le site internet des pasdaran. Le Stena Impero « a été amené jusqu’à la côte après sa saisie et remis à l’Autorité afin (que puissent commencer) la procédure légale et l’enquête », ajoutent les gardiens, armée idéologique de la République islamique, dans ce bref communiqué.
Le propriétaire suédois du pétrolier battant pavillon britannique a confirmé en soirée avoir perdu le contact avec ce navire après une « attaque » dans le détroit d’Ormuz. « Notre navire, le Stena Impero, a été attaqué par de petits aéronefs et un hélicoptère non identifiés en transitant par le détroit d’Ormuz dans les eaux internationales », a déclaré la compagnie Stena Bulk dans un communiqué.
L’annonce de la saisie du Stena Impero survient quelques heures après que la Cour suprême de Gibraltar a décidé de prolonger pour 30 jours l’immobilisation du pétrolier iranien Grace 1. Le navire avait été arraisonné le 4 juillet par les autorités de Gibraltar, territoire situé à l’extrême sud de l’Espagne, qui le soupçonnaient de livrer du brut à la Syrie en violation des sanctions de l’Union européenne contre Damas. Téhéran a nié cette accusation et dénonce un acte de « piraterie » envers le navire chargé de 2,1 millions de barils de brut.
Mardi, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait déclaré que l’Iran ne laisserait « pas cette malveillance sans réponse ». « Nous y répondrons au moment et à l’endroit opportuns », avait-t-il ajouté sans plus de précision.
Les États-Unis ont dénoncé hier la « surenchère de la violence » de l’Iran après l’annonce des Iraniens. « C’est la seconde fois en un peu plus d’une semaine seulement que le Royaume-Uni est pris pour cible par la surenchère de la violence du régime iranien », a indiqué Garett Marquis, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, dans un communiqué.
Les USA informés
Le président américain Donald Trump a assuré de son côté que les États-Unis avaient été « informés » des événements dans le Golfe et qu’ils « échangeront » et « travailleront avec le Royaume-Uni » à ce sujet.
Sur un autre plan, Donald Trump a rejeté hier les dénégations de Téhéran sur la destruction d’un drone iranien au-dessus du détroit d’Ormuz, assurant n’avoir « aucun doute » à ce sujet. « Aucun doute, nous l’avons abattu », a déclaré depuis la Maison-Blanche le président américain, qui avait annoncé la veille la destruction de ce drone iranien par le navire amphibie américain USS Boxer.
« Il n’y a aucune question sur le fait qu’il s’agissait d’un drone iranien », a ajouté le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton.
Un responsable américain a indiqué sous le couvert de l’anonymat que les États-Unis disposaient de « preuves claires » de la destruction du drone iranien, évoquant une possible vidéo, mais le Pentagone n’avait pas confirmé hier en milieu de journée l’existence d’images vidéo prouvant la destruction du drone.
La nature de « l’action défensive » entreprise par l’USS Boxer n’a pas été précisée, mais l’US Navy est équipée de brouilleurs puissants, capables d’intercepter à distance les communications entre un appareil ennemi et ceux qui le contrôlent, et de le mettre ainsi hors d’usage. La neutralisation du drone sans usage de missile pourrait expliquer l’absence de vidéo américaine, explique-t-on au Pentagone.
Téhéran a catégoriquement démenti hier avoir perdu un de ses drones. « Allégations délirantes et sans fondement », a assuré le général de brigade et porte-parole des forces armées iraniennes Abdolfazl Shekarchi, cité par l’agence Tasnim. « Tous les drones (...) sont bien rentrés à leur base » jeudi, a ajouté l’officier. « J’ai peur que l’USS Boxer ait abattu un de leurs propres (drones) par erreur », a écrit pour sa part le ministre des Affaires étrangères adjoint iranien, Abbas Araghchi, sur Twitter.
Les gardiens de la révolution, armée idéologique iranienne, ont publié des images réfutant d’après eux les affirmations américaines selon lesquelles le Boxer a abattu un drone iranien. La vidéo de sept minutes montre des images apparemment tournées à partir d’un drone volant à haute altitude et zoomant sur un convoi de cinq navires présenté comme celui du Boxer en train de passer le détroit d’Ormuz vers le Golfe jeudi.
La région du Golfe et du détroit d’Ormuz, par où transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète, est depuis plus de deux mois au cœur de vives tensions géopolitiques, sur fond de bras de fer entre l’Iran et les États-Unis qui y ont renforcé leur déploiement militaire.
Donald Trump et son homologue français Emmanuel Macron ont évoqué hier par téléphone « les efforts en cours pour s’assurer que l’Iran n’obtienne pas l’arme nucléaire », a indiqué la Maison-Blanche dans un bref compte rendu de l’échange.
Washington a accusé l’Iran d’une série d’actes de sabotage ou d’attaques ayant visé depuis mai six navires de part et d’autre du détroit d’Ormuz, dans le Golfe ou en mer de Oman. Ce que Téhéran nie.
La tension entre les deux pays avait atteint un pic le 20 juin lorsque l’Iran avait abattu un drone américain qui, selon Téhéran, avait violé son espace aérien.
M. Trump avait alors affirmé avoir annulé à la dernière minute des frappes de représailles le lendemain.
Source : AFP

