La revoilà ! La VAR (assistance vidéo à l’arbitrage), contestée en Afrique après la polémique de la dernière finale de la Ligue des champions (C1) continentale, pourra être utilisée à partir des quarts de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) qui débutent ce soir. Sur le terrain, à suivre Sénégal-Bénin (aujourd’hui) et Algérie-Côte d’Ivoire (demain).
« Tout le matériel a été réceptionné, les essais ont commencé », avait déclaré vendredi dernier le secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF), Moaz Hajji. Jusque-là, « tout se passe bien ». Et le jour du match ? En Égypte, l’enjeu autour de la VAR dépasse le fait de savoir si un joueur a touché le ballon de la main ou si un attaquant était hors-jeu : c’est une partie de la crédibilité de l’organisateur qui se joue.
Le foot africain a été ébranlé par le scandale de la finale retour de C1 entre le Wydad Casablanca et l’ES Tunis fin mai, donnée à rejouer par l’instance après que les Marocains eurent quitté le terrain en cours de partie pour protester contre une panne de la VAR. Si le sort de ce match devrait se finir devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), il en est déjà ressorti un perdant, la CAF, qui n’a pas encore réussi à faire accepter cette nouvelle technologie sur le continent. Pour sa grande vitrine internationale, son président Ahmad Ahmad a voulu temporiser en n’installant la VAR qu’à partir des quarts, au lieu de la phase de poules. « C’est une mesure de prudence. Les différents pays qui utilisent la VAR ne se précipitent pas dès le début », a expliqué le Malgache.
Mais pour l’organisation qui s’enorgueillit de la bonne tenue de la plus grande CAN de l’histoire, à 24 pays, le succès ne sera pas total si l’utilisation de la VAR refait jaser, comme ça a été le cas ces dernières semaines lors du Mondial féminin en France et de la Copa America au Brésil. « La VAR nécessite non seulement du matériel, mais aussi de l’expertise. Nous sommes en phase aujourd’hui avec tout l’arbitrage africain pour mettre en place des formations pour que ces arbitres puissent être homologués VAR à l’international », a déclaré Moaz Hajji. « J’espère que ça va fonctionner jusqu’au bout et qu’il n’y aura pas de problèmes techniques », a estimé le sélectionneur du Bénin Michel Dussuyer, partisan de cette technologie. « L’utilisation de la VAR est un plus pour le football parce que ça vient corriger des injustices. Un jour ça peut vous servir, l’autre jour vous desservir », a-t-il ajouté.
Qui va en profiter, qui va protester? Le tableau final, délesté de grands favoris comme le Maroc, l’Égypte (pays hôte) et le Cameroun (tenant du titre), semble très ouvert. Sans avoir été impressionnants durant la première phase, le Nigeria, face à l’Afrique du Sud ce soir, et la Tunisie, contre Madagascar demain soir, sont bien placés pour s’inscrire dans le dernier carré. Mais tous les regards seront tournés vers le Sénégal et l’Algérie, les deux plus sérieux candidats pour le titre. Les Lions de la Teranga feront face à la surprise béninoise, ce soir, quand les Fennecs passeront un test face aux imprévisibles Ivoiriens de Nicolas Pépé, demain soir.
Source : AFP

