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Moyen Orient et Monde - Crise Diplomatique

Trump ne décolère pas contre le « stupide » ambassadeur britannique

L’ambassadeur britannique à Washington Kim Darroch écoutant une conférence conjointe du président américain Donald Trump et de la Première ministre britannique Theresa May, le 27 janvier 2017, à la Maison-Blanche. Carlos Barria/Reuters

Piqué au vif, Donald Trump a poursuivi hier ses attaques contre l’ambassadeur britannique à Washington, qualifié de « stupide » et d’imbécile prétentieux, dans une escalade verbale qui met à l’épreuve la relation spéciale entre les deux pays. Le président américain avait initialement réagi avec retenue à la publication samedi dans la presse de câbles diplomatiques dans lesquels le diplomate Kim Darroch dressait le portrait peu flatteur d’un président erratique à la tête d’une Maison-Blanche chaotique. Mais le ton a changé. Et les tensions entre le milliardaire républicain et la Première ministre Theresa May, sur le départ, ne semblent pas sur le point de s’apaiser, au moment où le Royaume-Uni se prépare – dans la douleur – à l’après-Brexit.

« L’étrange ambassadeur que le Royaume-Uni a refilé aux États-Unis n’est pas une personne qui nous emballe, un type très stupide », a tweeté M. Trump, réitérant par ailleurs ses attaques contre la dirigeante britannique.

« J’ai dit à Theresa May comment conclure un accord mais elle a fait à sa façon ridicule – incapable d’y parvenir. Un désastre ! »

Lundi, il avait assuré que ses équipes n’auraient « plus de contact » avec le diplomate britannique en poste dans la capitale fédérale américaine depuis janvier 2016. « Sir Kim Darroch a toujours le plein soutien de la Première ministre », avait immédiatement rétorqué Downing Street. Mais l’équation est délicate. Si la publication de ces notes confidentielles a placé Mme May dans l’embarras, rappeler immédiatement l’ambassadeur à Londres serait interprété comme un signe de faiblesse face aux coups de menton du tempétueux président américain.

« Chaos et luttes féroces »

Cette crise diplomatique tombe au plus mal pour le Royaume-Uni : le Brexit est pour l’heure programmé pour le 31 octobre, et Londres affiche haut et fort sa volonté de conclure rapidement un accord de libre-échange avec Washington pour compenser sa sortie de l’UE. Le mois dernier, lors de sa visite d’État au Royaume-Uni, le président américain avait fait miroiter la possibilité d’un accord commercial « extraordinaire » avec l’allié britannique, tout en restant évasif sur le calendrier. Dans les câbles diplomatiques publiés samedi soir par le Mail on Sunday, l’ambassadeur britannique qualifie notamment le président américain d’« instable » et d’« incompétent ». « Nous ne pensons pas vraiment que cette administration va devenir plus normale, moins dysfonctionnelle, moins imprévisible, moins divisée, moins maladroite et inepte diplomatiquement », écrit en particulier Kim Darroch dans un de ses messages. L’ambassadeur écrit encore que les informations sur « le chaos et les luttes féroces » qui agitent la Maison-Blanche sont « pour la plupart véridiques ». Londres a annoncé l’ouverture d’une enquête pour identifier les responsables de cette fuite, à deux semaines de la désignation, le 23 juillet, du nouveau chef de gouvernement au Royaume-Uni.

Nouveau dirigeant

Pour l’europhobe et populiste Nigel Farage, à la tête du parti du Brexit, « le plus tôt » Kim Darroch sera parti, « le mieux ce sera ». Si Jeremy Hunt a apporté son soutien au diplomate britannique basé à Washington, il a souligné que ses opinions ne concernaient que lui. « L’ambassadeur faisait son travail d’ambassadeur, à savoir donner des rapports francs et des opinions personnelles sur ce qui se passe dans le pays où il travaille, pas les opinions du gouvernement britannique, pas les miennes. » « Nous continuons de penser que l’administration américaine sous le président Trump est à la fois très efficace et le meilleur ami possible du Royaume-Uni sur la scène internationale », a poursuivi M. Hunt, qui fait campagne pour devenir le prochain Premier ministre britannique. Après l’échec de Theresa May à mettre en œuvre le Brexit, le Parti conservateur doit se choisir un nouveau dirigeant et chef de gouvernement, dont le nom sera connu le 23 juillet. Il lui incombera la mission du divorce avec l’Union européenne, mais aussi l’instauration de futures relations commerciales.

Et les yeux des deux candidats en lice, Boris Johnson et Jeremy Hunt, sont rivés sur les États-Unis. Le mois dernier, lors de sa visite d’État au Royaume-Uni, le président américain avait fait miroiter un accord commercial « extraordinaire » avec Londres après le Brexit.

Source : AFP


Piqué au vif, Donald Trump a poursuivi hier ses attaques contre l’ambassadeur britannique à Washington, qualifié de « stupide » et d’imbécile prétentieux, dans une escalade verbale qui met à l’épreuve la relation spéciale entre les deux pays. Le président américain avait initialement réagi avec retenue à la publication samedi dans la presse de câbles diplomatiques dans lesquels le diplomate Kim Darroch dressait le portrait peu flatteur d’un président erratique à la tête d’une Maison-Blanche chaotique. Mais le ton a changé. Et les tensions entre le milliardaire républicain et la Première ministre Theresa May, sur le départ, ne semblent pas sur le point de s’apaiser, au moment où le Royaume-Uni se prépare – dans la douleur – à l’après-Brexit.« L’étrange ambassadeur que le...
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