Une nouvelle histoire commence à Bruxelles : c’est dans la ville d’Eddy Merckx, le champion symbole du maillot jaune, que le Tour de France s’élancera samedi pour une édition ouverte, propice à un changement de génération symbolisé par le jeune grimpeur Egan Bernal. « Avant le grand départ, c’est un alignement des planètes », se réjouit le directeur du Tour, Christian Prudhomme, en cette année du centenaire du maillot jaune. « Nous partirons de la ville d’Eddy Merckx, qui a gagné son premier Tour voici 50 ans et a porté le maillot jaune 111 fois. »
L’alignement des planètes, c’est aussi, pour la première fois depuis longtemps, une approche consacrée au sport, sans problème prioritaire de sécurité ni affaire majeure de dopage. Une période agitée seulement par le forfait de deux coureurs présents sur le podium 2018, Tom Dumoulin (2e) et Chris Froome (3e), quadruple vainqueur du Tour grièvement blessé en juin à l’entraînement, en marge du Dauphiné. Il reste le tenant du titre, Geraint Thomas, sans résultat vraiment probant en 2019. Une chute au récent Tour de Suisse a contrarié de surcroît sa préparation. Mais Thomas (33 ans), s’il ne présente pas les mêmes garanties que l’année passée, court pour l’équipe la plus forte du peloton, Ineos, dominatrice ces dernières années lorsqu’elle affichait les couleurs de Sky.
Habituée à verrouiller le Tour, au risque de provoquer l’ennui, la formation britannique annonce cette fois deux leaders au départ. C’est affirmer d’ores et déjà une grande confiance à Bernal (22 ans), qui dispute seulement sa seconde saison dans l’élite. Quinzième l’an passé, le grimpeur prodige a gagné en 2019 deux courses d’une semaine, Paris-Nice et le Tour de Suisse. Il a surtout laissé entrevoir un potentiel exceptionnel qui pourrait l’amener à devenir le premier Colombien vainqueur du Tour de France et, en cas de succès le 28 juillet à Paris, son plus jeune lauréat de l’après-Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Le profil montagneux du Tour l’avantage. Et plus encore, les passages répétés au-delà de 2 000 m. Sept cols et, surtout, trois arrivées au sommet (Tourmalet, Tignes, Val Thorens) se situent au-delà de cette barrière, seuil de la haute altitude en cyclisme. Avec une trilogie alpestre qui se conclut à la veille de l’arrivée sur les Champs-
Élysées, à Paris.
Au départ de Bruxelles, la course promet des rebondissements pour peu que les puncheurs Julian Alaphilippe, le débutant Wout Van Aert ou Peter Sagan, candidat à un 7e maillot vert qui serait le record du genre, troublent le jeu des sprinteurs (Groenewegen, Ewan, Viviani, Kristoff). Mais c’est en montagne, et à un degré moindre lors de l’unique contre-la-montre individuel de Pau, le jour anniversaire du centenaire du maillot jaune (19 juillet), que la course doit se jouer. Bernal et Thomas le savent. Les autres prétendants au podium aussi…
Source : AFP


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