Moyen Orient et Monde

Trump évoque l’éventualité d’une guerre courte contre l’Iran

OLJ
27/06/2019

Donald Trump a évoqué hier la possibilité d’une guerre contre Téhéran « qui ne durerait pas très longtemps », prenant le contre-pied de son homologue iranien, qui semblait jouer l’apaisement.

Le président américain a assuré ne pas espérer un tel conflit, mais ces déclarations sonnent comme un nouvel avertissement à l’Iran.

« Nous sommes dans une position très forte si quelque chose devait arriver. Nous sommes dans une position très forte, et ça ne durerait pas très longtemps, je peux vous le dire », a déclaré M. Trump sur la chaîne Fox Business. « Ça ne durerait pas très longtemps et je ne parle pas de troupes au sol », a-t-il ajouté.

Il avait prévenu mardi que toute attaque iranienne contre des intérêts américains ferait l’objet de représailles « écrasantes ».

Le président iranien Hassan Rohani a assuré au téléphone à son homologue français Emmanuel Macron que son pays ne cherchait « la guerre avec aucun pays », pas même les États-Unis, selon l’agence officielle IRNA. M. Rohani a évoqué en Conseil des ministres l’accord sur le nucléaire iranien, conclu avec six grandes puissances en 2015 à Vienne et menacé depuis que les États-Unis en sont sortis unilatéralement en mai 2018. « Je le dis aux Américains : vous avez choisi le mauvais chemin. Je le dis aux Européens : vous faites fausse route avec votre inaction », a-t-il déclaré, « et je leur dis (à tous) de revenir à leur serment et à leurs engagements ».

Selon IRNA, M. Rohani a prévenu M. Macron que son pays pourrait s’affranchir encore davantage des engagements pris à Vienne si les Européens ne s’acquittaient pas de leurs « promesses (...) visant à garantir les intérêts économiques de l’Iran ». Ces propos, qui laissent plutôt entendre qu’il reste encore du temps pour inverser le cours des choses, contrastent avec une note de l’amiral Ali Shamkhani, secrétaire général du Conseil suprême de la sécurité nationale, publiée mardi par l’agence Fars.

Dans ce document, l’officier écrit qu’il n’y a plus rien à attendre des Européens et que Téhéran appliquera « résolument » la deuxième phase de son « plan de réduction » de ses engagements en matière nucléaire dès le 7 juillet. En d’autres termes, l’Iran recommencerait à enrichir de l’uranium à un degré prohibé par l’accord de Vienne (la limite est fixée à 3,67 %) et relancerait son projet de construction d’un réacteur à eau lourde à Arak, mis en sommeil.

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