Le chef de l’État Michel Aoun accueillant Alexander Lavrentiev, envoyé spécial du président russe en Syrie. Photo Dalati et Nohra
L’envoyé spécial du président russe en Syrie, Alexander Lavrentiev, a affirmé hier que son pays allait redoubler d’efforts pour accélérer le processus de rapatriement des réfugiés syriens présents au Liban, en tentant notamment de convaincre la communauté internationale de la nécessité d’un tel retour.
« Nous sommes prêts à déployer davantage d’efforts pour accélérer le retour des déplacés syriens vers leur pays », a affirmé M. Lavrentiev au terme d’une réunion au Grand Sérail avec le Premier ministre, Saad Hariri, en présence du vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Verchinine, de l’ambassadeur de Russie au Liban, Alexander Zasypkin, de l’ancien ministre Ghattas Khoury et du conseiller de M. Hariri pour les affaires russes, Georges Chaabane. « Nous sommes tous d’accord pour trouver le plus rapidement possible une solution à ce problème et avons convenu d’augmenter notre coopération avec les partenaires impliqués, notamment les pays européens, afin de les convaincre de participer à cette initiative », a souligné M. Lavrentiev.
Organiser le retour des déplacés
Dans la matinée, la délégation russe avait été reçue par le président Michel Aoun, à qui M. Lavrentiev avait transmis une invitation officielle pour assister aux prochaines négociations d’Astana sur la Syrie, prévues fin juillet. Les discussions à Baabda ont porté sur « les développements actuels au Liban et dans la région, notamment en Syrie, ainsi que sur le dossier des réfugiés et la conférence d’Astana », selon un communiqué de la présidence. M. Lavrentiev a dans ce contexte transmis au chef de l’État les salutations de son homologue russe, Vladimir Poutine, et une invitation de sa part à assister à la réunion d’Astana, ajoute le texte.
Le président Aoun a assuré que le Liban voulait participer à la réunion. « Mais cela ne remet pas en cause notre droit de chercher avec la Syrie les moyens d’organiser le retour des déplacés », a-t-il déclaré devant son hôte. « La Russie apprécie les résultats de votre visite à Moscou et estime que la participation du Liban et de l’Irak à la réunion d’Astana est importante », a pour sa part dit M. Lavrentiev.
La délégation s’était ensuite rendue au palais Bustros où elle s’est entretenue avec le chef de la diplomatie, Gebran Bassil. Au terme de l’entretien, le haut responsable russe a souligné l’importance de rapatrier les réfugiés « dans des conditions appropriées et vers des zones qui n’ont pas été détruites », avant de préciser que son pays continuera d’œuvrer pour « obtenir des avancées au niveau de l’initiative russe en la matière ».
« Il est temps de trouver une solution politique en Syrie », a ajouté M. Lavrentiev, qui a souligné à cet effet « le rôle essentiel » que jouera la mise sur pied d’un comité constitutionnel «. Selon le plan de l’ONU, ce comité, dont les travaux doivent conduire à une révision de la Constitution et à des élections, doit comprendre 150 membres : 50 choisis par le pouvoir, 50 par l’opposition et 50 par l’émissaire de l’ONU, afin d’inclure dans la réflexion des experts et des représentants de la société civile. Mais les négociations butent sur la nomination d’une partie des membres du comité.
Il s’est ensuite félicité des relations libano-russes. » Nous œuvrons à l’amélioration de la coopération bilatérale dans l’intérêt mutuel des deux pays », a ajouté M. Lavrentiev.
La délégation russe était arrivée mardi à Beyrouth, après avoir entamé sa tournée régionale par l’Irak, qu’elle avait également convié aux réunions d’Astana. Elle avait débuté ses discussions par un entretien avec le président du Parlement, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné.

