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À Jamhour, les « musulmans jésuites » à l’honneur

Coexistence
17/06/2019

La communauté des pères jésuites et le comité de l’amicale des anciens du Collège Notre-Dame de Jamhour ont tenu récemment leur iftar traditionnel au Centre sportif, culturel et social. Étaient présents des personnalités politiques et des dignitaires religieux de tout bord, notamment Mgr Ivan Santus, chargé d’affaires de la nonciature apostolique, les cheikhs Sami Abilmouna et Zouhair Kousan, le recteur et le vice-recteur du collège, les pères Charbel Batour et Denis Meyer, les pères jésuites Joseph Nassar, Jean Dalmais, Rabih Hourani, l’ancien ambassadeur Bassam Tourbah, le général Antoine Nasr et d’anciens élèves des différentes communautés musulmanes. Dans son mot d’accueil, le père Batour a mis l’accent sur « cette rencontre islamo-chrétienne qu’on a désirée ”familiale”, sur ce vivre-ensemble devenu une tradition depuis de longues années », et a souhaité aux invités « une joyeuse fête, avec la paix dans les âmes et les cœurs, au Liban et dans le monde ».

Dans son allocution, Bassam Tourbah, ancien du collège NDJ, a remercié les pères jésuites pour leur accueil et salué le père Jean Dalmais, ancien recteur du collège qui, « en son temps, avait chargé un uléma de dispenser aux élèves musulmans les préceptes de l’islam, pendant que leurs camarades assistaient à la messe. Les pères jésuites du Liban ont toujours été les précurseurs de la convivialité islamo-chrétienne, a-t-il souligné. C’est à Jamhour d’ailleurs que les rencontres islamo-chrétiennes autour de Marie ont été lancées, propagées au-delà des frontières du Liban, que la fête de l’Annonciation a été décrétée fête nationale islamo-chrétienne. C’est en l’église du collège, ornée notamment par un vitrail offert par les anciens élèves musulmans, que cette cérémonie se déroulait annuellement, avant son déplacement en 2018 au palais présidentiel et cette année au Grand Sérail… » Et Bassam Tourbah de conclure en expliquant « pourquoi nous, anciens de Jamhour, nous manifestons notre fierté d’avoir été éduqués par les pères jésuites, et non seulement d’avoir acquis leur enseignement. Si nous sommes de bons musulmans, profondément libanais, nous le devons à eux. Raison pour laquelle chacun de nous arbore fièrement le titre de “musulman jésuite” ».

Fuite de cerveaux

À son tour, Ahmad Tabbara, également ancien élève de NDJ, a rappelé que « le Liban a la vocation de pluralisme culturel, de “pays-message”, tel que proclamé par le pape Jean-Paul II. Il est grand temps que les Libanais, chrétiens et musulmans, franchissent le pas, et apprennent à mieux se connaître et à se respecter mutuellement. Les Libanais ont prouvé qu’en dépit de la guerre civile meurtrière, ils sont un modèle de vie en commun, de cohabitation dans un monde aujourd’hui malade, souffrant de fanatisme, de haine…

« Le document sur la fraternité humaine signé par le pape François et le grand imam d’al-Azhar, à Abou Dhabi, en février dernier, est d’ailleurs la consécration naturelle d’un rendez-vous inévitable de civilisations tant au niveau de la pensée religieuse (Marie qui rassemble…), des sciences que de la créativité humaine. » Et Ahmad Tabbara d’appeler « à la réconciliation, à la coexistence harmonieuse. Le Liban se vide de sa jeunesse, ses “cerveaux” fuient. Ensemble, travaillons : soyons les soldats du vivre-ensemble et du dialogue interreligieux ».

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