X

Culture

Un mois de juin bouillant pour la scène « metal » locale

Concert
15/06/2019

La scène « metal » libanaise célèbre les dernières semaines du printemps en fanfare, avec pas moins de trois concerts organisés en dix jours dans deux salles de la capitale.

Un périple qui s’achève ce soir à 20h avec Metal World United, un minifestival hébergé par le Palace, situé dans les sous-sols du centre Aresco à Hamra, avec au programme Phenomy, Angry Farmers, Armian et SaneSirens, pour un répertoire allant du thrash metal au rock en passant par le grunge. L’événement est organisé par le magazine local Metal Bell Magazine et l’association Skull Session. L’entrée est à 15 000 livres libanaises (10 dollars), avec une réduction de 50 % à la clef pour les spectateurs qui se sont rendus à l’un des deux précédents concerts de la série.

Le premier s’est déroulé le 5 juin, sur les mêmes planches, à l’initiative de Reigen, une formation locale de heavy metal progressif fondée en 2008. Habitué aux reprises, le quintette, qui avait tiré sa révérence en 2014, a récemment repris le chemin de la scène et prépare un album. Black Maiden (heavy), les frères Deaibess de Blaakyum et les nostalgiques des eighties de Sound of DeGeneration (SOD) avaient complété cette affiche.


(Lire aussi : Un groupe de metal libanais en lice pour le tremplin du Hellfest)



Khavar and the machine

Les fans du heavy tout droit sorti des années 1980 de SOD ont d’ailleurs eu le plaisir de retrouver le groupe moins d’une semaine plus tard, à l’occasion du second concert de cette série, qui s’est tenu cette fois à quelques centaines de mètres du Palace, dans l’antre du Matro al Madina (centre Saroulla). La soirée, où Nocturna (black/death) et Kimaera ont livré des performances fidèles à leur statut de groupes expérimentés, a notamment été marquée par la présence d’un invité de marque : le batteur américain d’origine libanaise Derek Roddy, qui a contribué à écrire les heures de gloire de grands noms du metal extrême, dont Nile, Malovelent Creation ou encore Hate Eternal. « Je viens au Liban une fois par an depuis trois ans », a indiqué ce dernier à L’Orient-Le Jour. Une addiction pour le pays du Cèdre sans doute en partie liée à ses origines libanaises. « Je suis libanais à 33 %. Mon véritable nom de famille est Murad. Mon arrière-grand-père a fui le Liban lors de la Première Guerre mondiale pour émigrer à New York », révèle-t-il.

Monstre de vitesse et de précision sur un tabouret de batterie – et éleveur de serpents dans le civil –, Derek Roddy s’est associé en 2018 avec d’anciens membres de l’un des pionniers de la scène metal libanaise des années 1990, Weeping Willow, autour d’un nouveau projet baptisé Khavar (ténèbres en arménien) dans la veine death/black. « Notre premier single, Death Card Dealer, parlait justement de la mort de Weeping Willow », souligne le guitariste Garo Gdanian, qui est également un des cadres d’Instruments Garage à Beyrouth.« J’ai rencontré Garo quand je suis venu au Liban (NDLR : en 2017) avec le groupe (égypto-américain) Nader Sadek : in the Flesh, pour un concert au Metro al-Madina (…) Nous avons sympathisé. Il m’a fait écouter ce qu’il faisait avec Weeping Willow et m’a dit qu’il ne jouait plus beaucoup. Je lui ai répondu que c’était dommage, qu’il y avait du très bon et qu’il fallait en faire quelque chose, même si ce n’était que sur internet. Et nous y voilà pour notre première sur scène ensemble », raconte Derek Roddy. Ses nouveaux acolytes – Kamal el-Khoueiry au chant, Garo Gdanian et Youssef Helayel aux guitares et Marco Ghorayeb à la basse électrique – ne dissimulent pas leur enthousiasme. « Pour nous, c’est un rêve de jouer avec l’un des meilleurs batteurs de metal extrême que la scène ait engendré. C’est un plaisir de pouvoir jouer ce que nous aimons jouer ici et je salue la ténacité de Garo qui a porté le projet », lance Kamal el-Khoueiry. « Le concert dans son ensemble et l’ambiance étaient exceptionnels, je n’ai rien à ajouter de plus », renchérit Youssef Helayel avec le sourire.La présence du batteur au sein de Khavar a en tout cas eu son petit effet sur l’aura du groupe, qui n’a eu besoin que de cinq petits morceaux pour marquer un public sous le charme et le choc avant même la sortie du premier album du groupe, qui pourrait voir le jour d’ici à l’automne. « Nous avons 4 morceaux quasiment prêts, mais le but, c’est de sortir un album complet », conclut Marco Ghorayeb.

Pour mémoire

Interdiction de Sepultura au Liban : le groupe a communié avec son public... via Skype

À la une

Retour à la page "Culture"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Le travail des Palestiniens, un dossier délicat et un timing sensible

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants