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Sport

Le Golf Club du Liban à la conquête d’un second souffle

Reportage Pour renouveler et élargir son parc d’adhérents, le club parie sur la jeunesse et les compétitions.
11/06/2019 | 00h00

Quatre cent vingt-cinq mille mètres carrés de pelouse et d’arbres en plein cœur de la banlieue sud de Beyrouth. Difficile de croire que, dans une ville ultrabétonnée comme Beyrouth, la grande majorité de la population ne connaisse pas cet espace de verdure, le plus important de la capitale. Cet espace, on le doit au Golf Club du Liban, installé à Ouzaï depuis 1963 et qui, aujourd’hui, se donne les moyens d’un véritable second souffle en tentant de séduire, notamment, la jeunesse.

Le Golf Club, dans son emplacement actuel, est le fruit d’un contrat avec l’État libanais remontant à 1963 et renouvelé tous les sept ans depuis. À l’époque, l’État libanais avait accordé, pour la modique somme de 1 000 livres, l’exploitation d’un vaste terrain sablonneux aux représentants du golf au Liban. Situé près de l’aéroport Rafic Hariri, ce terrain représentait une menace, en raison de sa nature sablonneuse, pour la sécurité aérienne lors des décollages et atterrissages. Le contrat « d’investissement agricole » stipulait une obligation de transformation, par le Golf Club, du terrain en une surface verte pour mettre fin au risque de tempête de sable affectant la sécurité de l’aéroport.

Aujourd’hui, le Golf Club du Liban comporte un parcours de 18 trous, mais aussi une piscine, une salle de sport, un semi-terrain de foot, plusieurs terrains de tennis, quelques terrains de squash, une aire de jeu pour enfants ainsi qu’un restaurant. Évidemment, toutes ces prestations qui en font un véritable Country Club ont un prix. Il faut compter 10 000 dollars par personne et 15 000 dollars par famille pour être adhérent ; à quoi s’ajoutent 250 dollars de frais annuels pour les enfants contre 2 500 dollars pour les adultes.

La barrière financière est conséquente, mais Imad Hamdan, l’avocat du Golf Club, insiste sur le fait qu’« en venant au club, vous payez un tout. Le golf en lui-même n’est pas une activité chère, mais nous offrons toute une série de prestations ». Depuis longtemps, le Golf Club a ses adeptes. Mais aujourd’hui, le nombre d›adhérents, environ 600 familles selon M. Hamdan, stagne, le club peinant à attirer de nouveaux adeptes.

À très court terme, l’approche des grandes vacances qui implique le retour, pour un moment, au Liban de milliers de Libanais de la diaspora, couplée à une situation relativement calme dans le pays, donne aux dirigeants l›espoir de recevoir un plus grand nombre de pratiquants.

Mais au-delà des facteurs conjoncturels, le tout nouveau président du club, Karim Salim Salam, dont le père fut le fondateur du Golf Club du Liban, s’est donné pour objectif premier de faire découvrir ce lieu hors de l’agitation de la capitale. Pour M. Salam, le fait que le golf ait « une image de sport de riche lui nuit, notamment économiquement ». « C’est pour cela que le Golf Club du Liban entreprend de casser ces préjugés et d’ouvrir ses portes au plus grand nombre », ajoute-t-il. Pour ce faire, le club multiplie les projets et événements, compétitions et tournois, pour promouvoir le complexe sportif.

L’un des axes majeurs de cette stratégie de séduction vise les jeunes. Via la Golf Academy, le club propose, chaque samedi, des cours aux plus jeunes dispensés par des pros. « Le Golf Club a noué des partenariats avec plusieurs écoles à Beyrouth. Notre objectif est de faire découvrir aux jeunes le golf pour, par la suite, leur proposer de venir s’entraîner au club », explique Rima Arab, en charge du développement du golf envers les jeunes. À terme, l’objectif du Golf Club du Liban est de monter une équipe junior.

S’affirmer régionalement

Parallèlement, le club veut s’affirmer au niveau régional avec la réouverture de l’Arab World Golf Championship. Une compétition qui avait lieu tous les deux ans mais avait été suspendue en raison des tensions régionales. L’Arab World Golf Championship devrait être remis sur les rails dans deux ans et disputé dans l’enceinte du Golf Club. « Le Liban est le premier pays arabe à organiser une compétition exclusive au Moyen-Orient. Le golf peut contribuer à asseoir le Liban sur la carte des destinations sportives et touristiques dans le monde », se félicite d’ores et déjà le président Salam, qui souligne que son parcours est le seul, dans le pays, à être homologué aux normes internationales. Un 18 trous, avec un départ différent pour les hommes, les femmes et les débutants, qui permet aux joueurs de s’entraîner dans des conditions professionnelles. Et qui, au-delà, permet à la pratique du golf de survivre au Liban.

En 2017 a été renouvelé le contrat du club, pour sept ans. « Le défi principal du golf, aujourd’hui et pour les années à venir, consiste à être économiquement stable. Les dépenses du club sont bien supérieures aux revenus qui sont uniquement assurés par les cotisations des adhérents », souligne Imad Hamdan. Quelques partenariats avec des entreprises privées viennent ajouter des revenus supplémentaires mais occasionnels.

Des ressources qui, si elles ne permettent pas au club d’investir dans de nouveaux équipements, lui permettent d’assurer l’entretien de toutes les infrastructures existantes.


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