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Liban - Budget

Le général Joseph Aoun déplore « les campagnes menées contre l’armée »

Le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Joseph Aoun, au musée Fouad Chéhab, à Jounieh, le 1er juin 2019. Photo ANI

Le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, a affirmé, samedi, qu’il n’acceptera aucune « atteinte aux droits des officiers et militaires et à leur dignité ». « Les tentatives d’affaiblir l’institution ne nous empêcheront pas de faire pression pour réclamer nos droits », a-t-il insisté lors d’une visite effectuée au musée consacré à l’ancien président Fouad Chéhab, à Jounieh.

« Nous sommes désolés et blessés par les campagnes ciblant l’armée et le moral des militaires, a poursuivi le général Aoun. L’armée est la colonne vertébrale du Liban. Elle est la garantie de sa sécurité et de sa stabilité. Sa mission ne se limite pas aux temps de guerre et de conflits, parce que le renforcement de la stabilité et de la paix nécessite des efforts qui vont au-delà des impératifs de la guerre. »

Des déclarations qui interviennent après l’approbation, lundi dernier par le Conseil des ministres, d’un projet de budget pour l’année 2019 comprenant des réductions des dépenses imposées à la troupe.

« D’aucuns ont peut-être oublié, volontairement ou pas, que malgré la stabilité sécuritaire dont jouit actuellement le pays, les défis restent nombreux, que ce soit le long de nos frontières est, sud et maritimes ou à l’intérieur même du pays », a ajouté le général Aoun.

« L’institution militaire fait partie de l’infrastructure économique libanaise », a-t-il poursuivi, ajoutant qu’« elle n’échappe pas aux politiques d’austérité qui peuvent être requises par la situation économique ». « Nous étions les pionniers en matière d’austérité, a-t-il rappelé. Depuis deux ans, nous observons une politique financière étudiée limitant les dépenses aux besoins essentiels, malgré les nombreuses exigences en raison des défis sur les scènes intérieure et régionale, ce qui nécessite une extrême vigilance militaire avec ce qui s’ensuit comme affaires logistiques, administratives et médicales. »

Conséquences négatives

Se penchant sur le budget 2019, le général Aoun a fait remarquer que l’étude de l’avant-projet de budget « a démarré de façon injuste envers l’armée (…) révélant les intentions de certains de porter atteinte aux militaires, qu’ils soient en exercice ou à la retraite ». « On n’a pas laissé à l’institution militaire le choix de définir ses dépenses, a-t-il expliqué. On s’est permis d’analyser et de discuter de son budget, comme si l’intention de certains était de convaincre l’opinion publique que l’armée était responsable de la dette publique. Même les missions militaires sont devenues un sujet de débat, alors que seul le commandement de l’armée a la prérogative de prendre des décisions à ce sujet. »

Le général Aoun a encore mis en garde contre « les conséquences négatives qu’auraient sur l’institution militaire » les mesures prévues dans le cadre du budget, notamment en ce qui concerne le gel des recrutements ou encore l’interdiction des licenciements.

Le projet de budget pour 2019 prévoit notamment un gel du recrutement au sein de l’armée pour une durée de trois ans. Les débats concernant l’avant-projet de budget avaient également tourné autour de la question du maintien ou non de la mesure n° 3 pour les forces armées. La loi prévoit trois niveaux d’alerte, dits « mesures », allant de la plus faible (n° 1) à la plus élevée (n° 3) avec des compensations financières assorties à chaque échelon. Depuis 2006, le Liban est au troisième de ces échelons. L’enjeu des débats était de savoir si ces niveaux d’alerte devaient être tous maintenus en l’état, et s’appliquer de manière uniforme à l’armée et aux forces de sécurité. Il a finalement été décidé que le maintien ou non de la mesure n° 3 ferait l’objet d’un Conseil supérieur de la défense. Par ailleurs, une éventuelle réduction des retraites des militaires avait provoqué un grand mouvement de contestation. Au final, le texte du budget d’austérité prévoit notamment une ponction mensuelle de 3 % sur les pensions de retraite des anciens militaires, qui servira à financer leur couverture maladie, et le plafonnement du total des indemnités perçues par les militaires (ainsi que par les autres fonctionnaires) au cours d’une année à l’équivalent de 75 % de leur salaire principal pour la même année.

Commentant le discours du général Aoun, la Ligue des anciens des forces armées a estimé dans un communiqué publié samedi que celui-ci est « un cri retentissant ».

Le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, a affirmé, samedi, qu’il n’acceptera aucune « atteinte aux droits des officiers et militaires et à leur dignité ». « Les tentatives d’affaiblir l’institution ne nous empêcheront pas de faire pression pour réclamer nos droits », a-t-il insisté lors d’une visite effectuée au musée consacré à l’ancien président Fouad Chéhab, à Jounieh.« Nous sommes désolés et blessés par les campagnes ciblant l’armée et le moral des militaires, a poursuivi le général Aoun. L’armée est la colonne vertébrale du Liban. Elle est la garantie de sa sécurité et de sa stabilité. Sa mission ne se limite pas aux temps de guerre et de conflits, parce que le renforcement de la stabilité et de la paix nécessite des efforts qui vont...
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