Le ministre libanais des Affaires étrangères et la délégation l’accompagnant délégation l’accompagnant reçus par la présidente de la chambre basse du parlement espagnol, Meritxell Batet (photo Ani).
Le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, en déplacement en Espagne, a réitéré hier la position du Liban sur le contentieux des frontières terrestres et maritimes avec Israël qui font l’objet de discussions indirectes grâce à la médiation du sous-secrétaire d’État américain, David Satterfield.
« L’intérêt du Liban réside dans le tracé des frontières maritimes et terrestres qui préserverait les droits du Liban, sans abandonner un grain de terre, une goutte de pétrole ou de gaz de nos ressources », a déclaré M. Bassil, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue espagnol Josep Borrell Fontelles. En réponse à une question sur la médiation US, il a précisé que le Liban est conscient de « l’opportunité qui se présente pour le recouvrement de nos droits, et nous ne la raterons pas ». « Les négociations en cours vont dans le sens de nos intérêts », a-t-il dit.
Le Liban a signé en février 2018 son premier contrat d’exploration offshore avec un consortium dominé par le groupe français Total. Deux blocs sont concernés, notamment le bloc 9, dont une partie se trouverait dans une zone maritime disputée avec Israël. Selon le groupe Total, la dispute frontalière entre le Liban et Israël concerne « moins de 8 % de la surface du bloc 9 ». Le groupe a assuré en 2018 que les travaux de forage ne se dérouleraient pas dans ce secteur.
Sur un autre plan, le chef de la diplomatie a fait valoir que « le Liban peut offrir plusieurs possibilités d’investissement à l’Espagne, notamment sur le chantier de l’électricité et dans les secteurs du pétrole et du gaz, appelant les sociétés espagnoles à participer aux appels d’offres ».
Le ministre avait entamé sa visite officielle par une rencontre avec la nouvelle présidente de la chambre basse du Parlement espagnol, Meritxell Batet. Une discussion s’est engagée entre eux autour de la question des réfugiés syriens. Il a rappelé son refus de « la politique internationale qui consiste à financer le maintien des réfugiés au Liban » plutôt que leur retour, et mis en garde contre le risque d’un nouveau déplacement des réfugiés vers l’Europe. La parlementaire socialiste s’est dit compréhensive des craintes héritées de l’expérience des camps de réfugiés palestiniens, avant de préciser que « la coopération entre les États concernés doit accorder la priorité au retour des réfugiés et des déplacés, et le soutien financier devrait être donné au retour, parallèlement au travail pour garantir les circonstances d’une stabilité politique en Syrie », a-t-elle précisé.

