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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Salmane prône une position « ferme et déterminée » face à l’Iran

Le Premier ministre du Qatar, cheikh Abdallah ben Nasser al-Thani, s’est rendu aux sommets de la Ligue arabe et du CCG à La Mecque.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Ibrahim al-Assaf, avec ses homologues préparant le sommet de l’organisation islamique à La Mecque. Bandar Aldandani/AFP

Le roi Salmane d’Arabie saoudite a appelé les pays arabes du Golfe à faire face aux actions « criminelles » de l’Iran, à l’ouverture dans la nuit de jeudi à vendredi du sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à La Mecque. Le souverain saoudien a cité parmi ces actes « le sabotage de quatre navires près des eaux territoriales des Émirats arabes unis, une attaque contre des stations de pompage de pétrole et une attaque contre d’autres installations pétrolières vitales » en Arabie saoudite.

Il a déclaré que les capacités nucléaires et balistiques de l’Iran menaçaient la sécurité régionale et mondiale, ajoutant que les actes de Téhéran ont menacé le commerce maritime international et le marché pétrolier en « violation manifeste des traités de l’ONU ». Dans ce contexte, a souligné le roi Salmane, il est nécessaire d’adopter une position « ferme et déterminée » face à l’Iran. Et la communauté internationale doit user de tous les moyens pour que la République islamique cesse de s’ingérer dans les affaires intérieures des autres pays.

L’Arabie saoudite cherche à serrer les rangs face à l’Iran, son grand rival, en accueillant depuis hier soir des dirigeants arabes et musulmans pour trois sommets en pleines tensions dans le Golfe.

Parmi les leaders arrivés à La Mecque figure le Premier ministre du Qatar, cheikh Abdallah ben Nasser al-Thani, premier responsable qatari de ce rang à se rendre en Arabie saoudite depuis la rupture entre les deux pays, le 5 juin 2017.

Riyad et trois de ses alliés (Émirats arabes unis, Bahreïn et Égypte) avaient alors rompu avec le Qatar, accusé de soutenir des groupes extrémistes et à qui ils reprochaient son rapprochement de l’Iran. Doha a nié soutenir des extrémistes et a accusé ces quatre pays de chercher un changement de régime au Qatar.

Les États-Unis, alliés à la fois de Riyad et de Doha, ont salué la participation du Qatar aux réunions de La Mecque. Washington n’a cessé depuis deux ans de tenter des médiations pour régler cette crise qui nuit à sa stratégie d’isolement de l’Iran. À La Mecque, la première ville sainte de l’islam, drapeaux et panneaux géants de bienvenue ornent les rues en attendant la tenue en soirée des sommets de la Ligue arabe et du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et, ce soir, de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Il s’agira de réunions nocturnes en raison du mois de jeûne du ramadan dans la journée, alors que des centaines de milliers de fidèles sont à La Mecque pour prier. Les autorités ont bloqué six avenues.

D’emblée, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Ibrahim al-Assaf, a une nouvelle fois fustigé l’« ingérence » iranienne, après des accusations du conseiller américain à la Sécurité nationale, John Bolton, selon lesquelles l’Iran est vraisemblablement derrière les actes de sabotage du 12 mai contre des pétroliers au large des Émirats. Selon des analystes, l’Arabie saoudite sunnite veut isoler son rival chiite iranien, sur fond de guerre psychologique entre l’Iran et les États-Unis qui ont renforcé leur déploiement militaire dans la région face, selon eux, aux « menaces » iraniennes.

« Mines navales »

« Le soutien de Téhéran aux rebelles houthis au Yémen est la preuve de l’ingérence iranienne dans les affaires des autres nations et c’est quelque chose que les pays islamiques devraient rejeter », a dit M. Assaf, dont le pays intervient militairement contre les rebelles au Yémen.

Il s’exprimait lors d’une réunion mercredi soir des ministres des Affaires étrangères des 57 membres de l’OCI à Djeddah, près de La Mecque. Reza Najafi, directeur général des questions de paix internationale et de sécurité aux Affaires étrangères, a représenté l’Iran à cette réunion préparatoire de l’OCI, dont Téhéran est membre. Selon M. Assaf, il faut réagir avec « fermeté et détermination » au sabotage le 12 mai de deux pétroliers saoudiens, d’un bateau norvégien et d'un autre émirati au large du port de Fujairah, à l’entrée du Golfe. John Bolton a attribué ces attaques à « des mines navales, très vraisemblablement d’Iran ».

Brian Hook, émissaire américain pour l’Iran, a indiqué hier que le résultat des enquêtes menées par plusieurs pays sur ces sabotages serait connu bientôt.

« Désirs diaboliques »

« Nous cherchons assurément un changement dans l’attitude du régime » iranien, a ajouté M. Hook.

L’Iran a rejeté comme « risibles » les accusations de John Bolton, perçu comme le principal instigateur de la politique américaine d’extrême fermeté face à l’Iran.

« M. Bolton et les autres bellicistes qui recherchent le chaos devraient savoir que la stratégie de patience, la grande vigilance et la préparation défensive optimale de l’Iran empêcheront la réalisation de leurs désirs diaboliques dans la région », ont dit les Affaires étrangères. Les tensions régionales se sont exacerbées depuis que l’administration Trump a inscrit en avril les gardiens de la révolution iraniens, armée idéologique du régime iranien, sur sa liste noire d’« organisations terroristes » et renforcé en mai les sanctions économiques contre Téhéran après avoir quitté, il y a un an, l’accord international sur le nucléaire iranien. Elles sont encore montées de plusieurs crans après les sabotages et la multiplication de tirs de drones par les rebelles yéménites sur des cibles saoudiennes, dont deux stations de pompage d’un oléoduc le 14 mai.Après la réunion du CCG, un sommet extraordinaire de la Ligue arabe est prévu à La Mecque aujourd’hui vendredi.

Source : AFP

Le roi Salmane d’Arabie saoudite a appelé les pays arabes du Golfe à faire face aux actions « criminelles » de l’Iran, à l’ouverture dans la nuit de jeudi à vendredi du sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à La Mecque. Le souverain saoudien a cité parmi ces actes « le sabotage de quatre navires près des eaux territoriales des Émirats arabes unis, une attaque contre des stations de pompage de pétrole et une attaque contre d’autres installations pétrolières vitales » en Arabie saoudite.Il a déclaré que les capacités nucléaires et balistiques de l’Iran menaçaient la sécurité régionale et mondiale, ajoutant que les actes de Téhéran ont menacé le commerce maritime international et le marché pétrolier en « violation manifeste des traités de l’ONU ». Dans ce contexte, a souligné le roi...
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