Les obsèques de Niki Lauda se sont tenues à Vienne, en la cathédrale Saint-Étienne. Auparavant, un hommage public lui avait été rendu. Alain Prost et Arnold Schwarzenegger, notamment, ont prononcé son éloge funèbre. Joe Klamar/AFP
Des casquettes rouges, des vestes de paddock : le monde de la F1 et des milliers d’admirateurs de Niki Lauda ont fait, hier, leurs adieux au triple champion du monde autrichien décédé le 20 mai à 70 ans, lors d’un hommage public en la cathédrale Saint-Étienne de Vienne. Le pilote britannique Lewis Hamilton et l’ensemble de l’écurie Mercedes, dont Niki Lauda était vice-président non exécutif, comptaient parmi les nombreuses personnalités (300 invités d’honneur) ayant assisté à la mi-journée à la messe de requiem et aux obsèques.
Avant la messe de requiem, la cathédrale avait ouvert ses portes au grand public, à l’intention de tous ceux qui souhaitaient lui rendre un dernier hommage. Vers 8h en Autriche (9h au Liban), le cercueil a été déposé dans le chœur du vaste édifice gothique, après une arrivée dans le centre de Vienne sous une escorte d’honneur de motards de la police. Le casque rouge de Niki Lauda, siglé de son nom, a été déposé sur le cercueil, dans lequel il repose en combinaison de pilote, selon l’évêché. Sous une pluie battante, plusieurs milliers de personnes ont fait la queue pour se recueillir quelques instants auprès du cercueil de l’homme à l’éternelle casquette rouge.
Roland, âgé de 41 ans, a salué « un exemple pour l’Autriche », car le triple champion du monde, malgré les séquelles de son dramatique accident en course, « ne se plaignait jamais ». « Je l’ai croisé plusieurs fois dans le centre de Vienne. Il était toujours amical. C’est normal de lui rendre un dernier hommage. On le disait avare, mais je sais que, sans l’ébruiter, il a fait beaucoup de dons », a confié Suzanne Scheffler, une retraitée. « Un très grand cœur », a également salué le curé de la cathédrale, Toni Faber. Imre Varga, âgé de 63 ans, a tenu à faire le déplacement de Hongrie pour saluer celui qu’il « adorait comme un dieu ». « À l’époque du rideau de fer, il a toujours été un modèle pour nous. Dans l’ouest de la Hongrie, nous avions la chance de recevoir la télévision autrichienne et on le voyait comme quelqu’un d’inaccessible, on l’adorait », relate le sexagénaire. « Tschüss (au revoir) Lauda », lance une anonyme, après s’être recueillie près du cercueil.
Prost et Schwarzenegger
Au cours de la cérémonie, ont été joués les morceaux Amazing Grace, Fast Car de Tracy Chapman, Imagine de John Lennon et Hero de Family of the Year, selon le curé Faber. Parmi les orateurs qui ont prononcé un éloge funèbre figuraient le président de la République autrichienne, Alexander Van der Bellen, les anciens pilotes français Alain Prost et autrichien Gerhard Berger, ainsi que l’ancien acteur hollywoodien d’origine autrichienne Arnold Schwarzenegger – devenu par la suite gouverneur de la Californie.
L’enterrement proprement dit de l’ancien champion autrichien, figure mythique de la F1 et héros national, s’est déroulé dans l’intimité familiale dans un lieu tenu secret, selon les desiderata de ses proches. Déjà père de deux grands enfants nés d’un premier mariage, Niki Lauda avait eu en 2009 deux jumeaux avec sa deuxième épouse, Birgit Wetzinger. La ville de Vienne avait proposé que l’ancien pilote soit enterré dans le carré d’honneur du cimetière central de la capitale autrichienne, où reposent également les compositeurs de musique Franz Schubert et Johann Strauss.
Niki Lauda est décédé le 20 mai à l’hôpital universitaire de Zurich en Suisse, neuf mois après avoir subi à Vienne une transplantation pulmonaire dont il ne s’était que difficilement remis. Cette disparition a suscité une avalanche d’hommages dans le milieu de la F1, où Niki Lauda avait continué d’évoluer jusqu’à son opération. L’organisme de l’ancien pilote avait été affaibli par l’inhalation de gaz toxiques lors de son accident de 1976 sur le circuit allemand du Nürburgring, où il était resté prisonnier de son cockpit en feu avant d’être secouru par des concurrents. Ces images avaient fait le tour du monde et contribué à forger sa légende. Déjà champion du monde en 1975 avec Ferrari, le pilote autrichien – qui avait reçu l’extrême onction à l’hôpital où il était soigné alors – avait repris le volant six semaines après le drame et remporté encore deux titres mondiaux, en 1977 avec Ferrari de nouveau et en 1984 avec McLaren.
Niki Lauda avait par ailleurs fondé plusieurs sociétés aériennes et était à sa mort codirigeant de la compagnie Lauda, qu’il avait vendue l’an dernier à l’irlandais Ryanair.
Source : AFP

