Dani Alves (à droite) et Neymar lors d’un match de Ligue 1 qui avait opposé leur club, le Paris SG, à l’AS Monaco. Yann Coatsaliou/Archives AFP
Neymar a fait les frais de son indiscipline : le sélectionneur Tite lui a retiré le brassard de capitaine du Brésil et l’a confié à l’expérimenté Dani Alves, à moins de trois semaines de la Copa America, a annoncé hier la Fédération brésilienne de football. Le capitanat de l’attaquant vedette du Paris SG avait été remis en cause lorsqu’il avait porté un coup à un spectateur après la finale de la Coupe de France, perdue contre Rennes.
Il y a dix jours, au moment d’annoncer la liste des joueurs qui disputeront le tournoi continental à domicile du 14 juin au 7 juillet, Tite avait affirmé que Neymar avait « commis une faute », mais qu’il voulait « lui parler en tête à tête » avant de prendre sa décision finale sur le capitanat. Neymar (27 ans) s’était vu confier le brassard à l’issue d’un Mondial 2018, en Russie, lors duquel il avait été ridiculisé pour ses simulations et où le Brésil avait été éliminé en quarts de finale par la Belgique.
Samedi dernier, l’arrivée de la star au centre d’entraînement où la Seleção prépare la Copa America n’est pas passée inaperçue. Le
n° 10 de la Seleção était censé se présenter mardi, mais est arrivé trois jours plus tôt, non sans manquer jeudi dernier un entraînement du PSG, l’entraîneur Thomas Tuchel affirmant par la suite qu’il n’en avait pas été dispensé. Fidèle à son style bling-bling, le joueur est arrivé à la Granja Comary de Teresopolis, près de Rio, à bord d’un hélicoptère noir qui portait ses initiales « NJR ». C’est ce jour-là que Tite lui a communiqué de vive voix la nouvelle : il ne serait plus capitaine.
Le brassard revient logiquement à un autre joueur du PSG : Dani Alves, 36 ans et 108 capes au compteur. Il le portera dès les matches amicaux de préparation à la Copa America, contre le Qatar, le 5 juin à Brasilia, et contre le Honduras, le 9 juin à Porto Alegre. Le latéral avait déjà été capitaine à quatre reprises, quand Tite avait adopté de 2016 jusqu’au Mondial 2018 un système de capitanat tournant, le brassard changeant de joueur à chaque match. Neymar avait déjà été capitaine de la Seleção quand Dunga était sélectionneur. « C’est un leader technique, mais pas un leader exemplaire ni un leader naturel. C’est le meilleur joueur du Brésil, mais quand il a le brassard au bras, ça ne l’aide pas et ça n’aide pas la Seleção non plus », explique Gustavo Hofman, commentateur de la chaîne ESPN Brasil.
Neymar a connu une nouvelle saison difficile, gâchée par une blessure au pied, et il a assisté impuissant, des tribunes, à l’élimination du PSG en Ligue des champions par Manchester United. L’an dernier, une blessure similaire l’avait contraint à rejouer seulement juste avant le Mondial, où il n’avait été que l’ombre de lui-même. Cette fois, l’attaquant vedette a eu le temps de retrouver un peu de rythme, disputant cinq matches avec le PSG depuis son retour de blessure.
Le Brésil, qui n’a plus remporté la Copa America depuis 2007, fera ses grands débuts dans le tournoi le 14 juin, lors du match d’ouverture contre la Bolivie.
Louis GENOT/AFP

