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Moyen Orient et Monde - Entretien express

« L’enjeu majeur pour l’Iran est de ne pas se faire exclure des nouvelles routes de la soie »

Jean-François Dufour, directeur de DCA Chine Analyse, société d’intelligence économique spécialisée dans le décryptage de l’environnement et des acteurs économiques chinois, répond aux questions de « L’Orient-Le Jour » sur les enjeux de la visite du chef de la diplomatie iranienne en Chine.

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif à Pékin. Thomas Peter/Pool/AFP

La visite de Mohammad Javad Zarif en Chine intervient en pleine crise entre l’Iran et les États-Unis. La Chine est l’alliée de Téhéran face à Washington et l’un des principaux importateurs de pétrole iranien.

Quels sont les enjeux de la visite de Mohammad Javad Zarif en Chine ?

Les enjeux majeurs concernent la partie iranienne. Il s’agit pour Téhéran de savoir si la Chine, devenue le premier importateur mondial de pétrole depuis 2017, est prête à braver le durcissement de la position américaine vis-à-vis de l’Iran pour continuer à acheter du brut iranien et pour investir dans d’autres secteurs dans le pays.

La Chine a-t-elle pris ses distances avec l’Iran depuis le rétablissement des sanctions américaines ?

La Chine est incontestablement devenue plus circonspecte vis-à-vis de l’Iran depuis plusieurs années. Il y a en fait un énorme décalage entre l’histoire que se racontent les régimes en opposition frontale avec Washington – l’Iran lui-même, et aussi la Russie par exemple –, qui veulent se persuader que Pékin jouera le rôle du « chevalier blanc » par rapport aux pressions américaines, et l’attitude beaucoup plus pragmatique de Pékin. La réalité est que les enjeux américains sont beaucoup plus importants pour la Chine que les enjeux iraniens. La Chine a passé de nombreuses années et a consacré des sommes considérables à sécuriser des approvisionnements pétroliers à travers le monde. De l’Irak au Brésil en passant par la Russie, elle dispose donc aujourd’hui de nombreuses alternatives au pétrole iranien. En revanche, les alternatives sont plus limitées concernant les technologies américaines, essentielles pour les nouveaux objectifs de développement chinois. Dès lors, Pékin, qui essaie de désamorcer son conflit commercial avec les États-Unis, hésitera à mettre en péril les chances de parvenir à un accord pour satisfaire les demandes de l’Iran.

Quelles conséquences cela pourrait-il avoir sur l’économie iranienne ?

L’enjeu majeur pour l’Iran est de ne pas se faire exclure de la dynamique des « nouvelles routes de la soie ». Ce grand projet chinois, qui repose sur la construction d’infrastructures dans des pays qui en manquent, avec des financements chinois, correspond exactement aux besoins de l’Iran. Mais du fait des tensions actuelles, il ne se concrétise pas aujourd’hui par des grands projets en Iran comme dans d’autres pays. Paradoxalement, et quelle que soit la position officielle affichée à l’issue de cette visite, alors que l’Iran va chercher à Pékin une alternative aux pressions américaines, c’est sa capacité à trouver un apaisement avec Washington qui a le plus de chances de convaincre la partie chinoise de l’intégrer dans les nouvelles routes de la soie.


La visite de Mohammad Javad Zarif en Chine intervient en pleine crise entre l’Iran et les États-Unis. La Chine est l’alliée de Téhéran face à Washington et l’un des principaux importateurs de pétrole iranien.Quels sont les enjeux de la visite de Mohammad Javad Zarif en Chine ? Les enjeux majeurs concernent la partie iranienne. Il s’agit pour Téhéran de savoir si la Chine, devenue...

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POURQUOI... LES CULOTTES ET TCHADORS SONT FAITS POUR DES DERRIERES SOYEUX ?

L,EXPRESSION DE LA LIBRE OPINION

13 h 59, le 19 mai 2019

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Commentaires (2)

  • POURQUOI... LES CULOTTES ET TCHADORS SONT FAITS POUR DES DERRIERES SOYEUX ?

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE OPINION

    13 h 59, le 19 mai 2019

  • La Chine en realite meprise des pays comme la Russie ou l Iran qui ne comptent pour rien dans l echiquier international.

    HABIBI FRANCAIS

    13 h 05, le 18 mai 2019

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