L’interdiction de rencontrer ses avocats imposée depuis huit ans au chef historique détenu de la rébellion kurde Abdullah Öcalan, emprisonné en Turquie, a été levée hier. Malgré un isolement quasi total depuis sa capture et son incarcération sur l’île-prison d’Imrali près d’Istanbul en 1999, M. Öcalan reste une figure de référence pour la rébellion kurde en Turquie, où le conflit entre l’État et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), dont il fut l’un des fondateurs, a fait plus de 40 000 morts depuis 1984. « Les décisions interdisant des rencontres ont été levées et il est désormais possible pour lui d’en avoir », a déclaré le ministre turc de la Justice Abdülhamit Gül à la presse à Ankara. Cette décision survient après l’autorisation le 2 mai d’une première visite en prison de deux des avocats du chef historique du PKK, un groupe classé « terroriste » par Ankara et ses alliés occidentaux. Ils avaient relayé, la semaine dernière, un message dans lequel M. Öcalan appelait les centaines de personnes actuellement en grève de la faim dans les prisons turques pour protester contre ses conditions de détention à ne pas mettre leur vie en danger. Il avait également appelé à « prendre en considération » les « sensibilités » de la Turquie en Syrie, où une milice kurde syrienne liée au PKK contrôle de vastes territoires dans le nord du pays.
Moyen Orient et Monde - Turquie
Levée de l’interdiction imposée à Öcalan de voir ses avocats
OLJ / le 17 mai 2019 à 00h00

