Liban

Affaire Ziad Itani : le jugement sera rendu le 30 mai

Justice
OLJ
16/05/2019

Le tribunal militaire a clôturé hier l’interrogatoire et la présentation de preuves dans le procès de l’ancienne directrice du bureau de lutte contre la cybercriminalité au sein des Forces de sécurité intérieure, Suzanne el-Hajj, et du pirate informatique Élie Ghabach, accusés d’avoir fabriqué de fausses preuves de collaboration avec Israël contre le dramaturge Ziad Itani. Le verdict sera rendu le 30 mai. M. Ghabach, qui est également jugé dans le cadre d’une autre affaire, est toujours détenu dans l’affaire Itani, alors que Suzanne el-Hajj avait été remise en liberté fin mai dernier.

Mme Hajj a comparu hier en tenue militaire. La plus grande partie de cette séance a été consacrée aux messages vocaux et écrits échangés depuis le début du mois de septembre 2017 entre Élie Ghabach et Élie Berkachi, un agent de la Sécurité de l’État. Ces messages échangés sur WhatsApp révèlent l’existence au sein de la Sécurité de l’État d’un dossier de « collaboration avec Israël » à l’encontre de Ziad Itani remontant à 2013.

Les avocats de l’ancienne responsable au sein des FSI ont insisté à faire écouter à la Cour tous les messages vocaux afin de prouver que M. Ghabach était en contact avec la Sécurité de l’État dans le cadre du dossier Itani plusieurs mois avant qu’il ne le soit avec Mme Hajj. Ils ont, par la suite, demandé son acquittement.

Quatre mille dollars

La majorité des messages écrits et vocaux font état de discussions entre Élie Berkachi et Élie Ghabach sur une somme que ce dernier devait encaisser s’il réussissait à fabriquer un dossier qui « va secouer la planète ». Selon l’un de ces messages, le pirate informatique devait recevoir « probablement plus de 4 000 dollars ».

Interrogé sur ces messages vocaux, M. Ghabach a déclaré « n’avoir jamais démenti devant le tribunal que la Sécurité de l’État lui avait fait part de l’existence d’un dossier de collaboration avec Israël à l’encontre de Ziad Itani et que ce dossier se trouvait, selon l’adjudant Gebran Missi, dans un centre de la Sécurité à Sodeco ». « Mais je n’ai pas pris connaissance du contenu du dossier parce que Missi ne me l’a pas envoyé », a-t-il ajouté.

À la question de savoir s’il a fait part des messages échangés avec la Sécurité de l’État à Mme Hajj, M. Ghabach a répondu par la négative, soulignant qu’il travaillait avec trois groupes différents et qu’il communiquait avec chacun de ces groupes à part.

Dans l’un des messages, Élie Ghabach presse d’accélérer la fabrication du dossier de Itani, insistant à toucher la somme de 2 000 dollars. L’accusé indique dans ce cadre que le dossier en question concernait le piratage d’un site israélien.

De son côté, Suzanne el-Hajj a expliqué que c’est Élie Ghabach qui lui a annoncé l’arrestation de Ziad Itani pour intelligence avec Israël et qu’il lui avait annoncé, à 14h30, que ce dernier avait avoué son crime, alors qu’en réalité il ne l’avait fait qu’à 16h06. Entre-temps, « il insistait à démentir » toute collaboration avec l’État hébreu. « Pourquoi Ghabach a-t-il eu écho des aveux de Itani avant qu’il ne le fasse ? » s’est interrogée Mme Hajj.

Rappelons que Suzanne el-Hajj est poursuivie pour fabrication de fausses preuves contre le dramaturge Itani et pour « cyberattaques et piratage visant des sites de ministères, de services de sécurité, de banques, de sites d’information et d’autres sites, au Liban et à l’étranger ». M. Itani, accusé alors d’intelligence avec Israël, avait été détenu à tort pendant quatre mois avant d’être libéré le 13 mars. Suzanne el-Hajj avait perdu son poste à la suite du retweet d’un message ironique sur les femmes en Arabie saoudite. Un certain Ziad Itani avait diffusé la capture d’écran de son retweet et la fonctionnaire aurait monté l’affaire pour se venger, mais se serait trompée de victime en raison de l’homonymie.

Par ailleurs, la déposition de Michel Kanbour, propriétaire du site d’informations en ligne Lebanon Debate, a été recueillie. Ce dernier a déclaré que Suzanne el-Hajj lui avait annoncé que son site comprenait des failles de sécurité et qu’il était facile de le pirater. Il a expliqué que sur son conseil il avait pris les mesures nécessaires.

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