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Moyen Orient et Monde - Sécurité

Le Golfe sous tension après des « actes de sabotage » contre 4 navires

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo discute de l’Iran à Bruxelles.

Sur cette photo prise le 13 mai, le cargo émirati A. Michel, objet d’un acte de sabotage perpétré dimanche près de l’émirat de Fujaïrah. Emirati National Media Council/AFP

Quatre navires ont été la cible de mystérieux « actes de sabotage » au large des Émirats, selon Riyad et Abou Dhabi, provoquant une montée des tensions dans le Golfe au moment où le secrétaire d’État américain Mike Pompeo discute de l’Iran à Bruxelles.

Tôt hier, les autorités d’Arabie saoudite ont rapporté des « actes de sabotage » ayant endommagé la veille deux navires saoudiens au large des Émirats. Il s’agit dans les deux cas de pays proches des États-Unis, qui viennent de renforcer leur présence militaire dans le Golfe dans le contexte du dossier iranien. « Deux pétroliers saoudiens ont fait l’objet d’actes de sabotage dans la zone économique exclusive (ZEE) des Émirats arabes unis, au large des côtes de l’émirat de Fujaïrah, alors qu’ils étaient sur le point de pénétrer dans le golfe d’Arabie », a dit le ministre de l’Énergie Khaled al-Falih.

Dimanche, après avoir démenti un incident dans un port, les Émirats ont finalement fait état d’« actes de sabotage » contre quatre navires commerciaux de différentes nationalités à l’est de l’émirat de Fujaïrah, sans identifier les auteurs mais en évoquant un événement « grave ». Un responsable gouvernemental émirati a précisé hier que les bateaux en question étaient deux tankers saoudiens, al-Marzouka et Amjad, un norvégien, Andrea Victory, et un cargo émirati, A. Michel. Une photo fournie par le gouvernement émirati a montré la coque endommagée de l’Andrea Victory. La compagnie Thome, qui a affrété ce tanker, a déclaré qu’il avait été « touché par un objet indéterminé ». L’équipage est sain et sauf et le navire ne menace pas de couler, est-il précisé dans un communiqué.

À Téhéran, les autorités iraniennes ont appelé à l’ouverture d’une enquête. « Ces incidents en mer d’Oman sont alarmants et regrettables », a dit Abbas Moussavi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, en mettant en garde contre « l’aventurisme (d’acteurs) étrangers » pour déstabiliser la région.

« L’enquête sera menée de manière professionnelle », a assuré, pour sa part, le ministre d’État émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash. « Les faits seront indiqués clairement », a-t-il promis en soulignant qu’Abou Dhabi avait déjà « sa propre lecture et ses propres conclusions ».

Riyad condamne

Le ministre saoudien de l’Énergie a, de son côté, dit que les actions contre les pétroliers saoudiens n’avaient causé ni victime ni marée noire, mais provoqué « des dégâts significatifs aux structures des deux navires ». Un des deux navires était en route pour être chargé de pétrole au terminal saoudien de Ras Tanura en vue d’une livraison à des clients américains, a-t-il précisé. Ultérieurement, le ministère saoudien des Affaires étrangères devait condamner un « acte criminel » qui constitue une « sérieuse menace » à la navigation maritime et a « une incidence néfaste sur la paix et la sécurité ». Comme Abou Dhabi, Riyad n’a désigné aucun responsable. Les deux pays n’ont pas non plus précisé la nature des « actes de sabotage ».

Le port de Fujaïrah est le seul terminal des Émirats arabes unis situé sur la côte de la mer d’Arabie qui contourne le détroit d’Ormuz, par où passent la plupart des exportations de pétrole du Golfe.

À plusieurs reprises, l’Iran a menacé de fermer ce détroit stratégique, crucial pour la navigation mondiale et le commerce pétrolier, en cas de confrontation avec les États-Unis. L’annonce de ces incidents par deux proches alliés de Washington intervient dans un contexte de regain de tension entre les États-Unis et l’Iran après le renforcement des sanctions américaines contre Téhéran, qui a pour sa part suspendu certains de ses engagements nucléaires.

Vendredi, le Pentagone a annoncé l’envoi dans la région d’un navire de guerre transportant des véhicules, notamment amphibies, et d’une batterie de missiles Patriot, s’ajoutant au déploiement d’un porte-avions et de bombardiers B-52.

Inquiétude européenne

C’est dans ce contexte tendu que le chef de la diplomatie américaine s’est rendu hier à Bruxelles pour discuter de « questions urgentes », et notamment de l’Iran, avec ses homologues européens, annulant un passage à Moscou. M. Pompeo avait déjà annulé ces derniers jours des déplacements à Berlin et au Groenland pour se consacrer à ce dossier iranien. Les Européens se sont dit inquiets hier du regain de tensions entre Washington et Téhéran et ont signifié au secrétaire d’État américain leur préoccupation face au risque d’un conflit « par accident » dans le Golfe. « Je lui ai dit de manière claire que nous sommes préoccupés par les tensions dans la région et que nous ne voulons pas d’une escalade », a déclaré le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, après sa rencontre avec M. Pompeo. Le ton avait été donné par le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt au début de la réunion de Bruxelles. « Nous sommes très inquiets du risque qu’un conflit se produise par accident en raison de l’escalade des tensions », a-t-il déclaré. « La position américaine d’augmenter les pressions et les sanctions ne nous convient pas », a renchéri son homologue français Jean-Yves Le Drian.

La rencontre avec Mike Pompeo a été organisée dans la précipitation, a reconnu Federica Mogherini. « Nous avons de très sérieuses divergences et différences, et nous pensons que le dialogue est le meilleur moyen de les aborder et d’éviter l’escalade », a plaidé la chef de la diplomatie européenne.

Les trois ministres et Federica Mogherini s’étaient auparavant concertés sur leur position : « Unité européenne pour la préservation du JCPOA (l’accord sur le nucléaire) et le refus de l’escalade », ont-ils annoncé, avant de s’entretenir chacun avec M. Pompeo.Les alliés de Riyad et d’Abou Dhabi, notamment l’Égypte et Bahreïn, se sont empressés de condamner les « actes de sabotage ».

Source : AFP

Quatre navires ont été la cible de mystérieux « actes de sabotage » au large des Émirats, selon Riyad et Abou Dhabi, provoquant une montée des tensions dans le Golfe au moment où le secrétaire d’État américain Mike Pompeo discute de l’Iran à Bruxelles.Tôt hier, les autorités d’Arabie saoudite ont rapporté des « actes de sabotage » ayant endommagé la veille deux navires saoudiens au large des Émirats. Il s’agit dans les deux cas de pays proches des États-Unis, qui viennent de renforcer leur présence militaire dans le Golfe dans le contexte du dossier iranien. « Deux pétroliers saoudiens ont fait l’objet d’actes de sabotage dans la zone économique exclusive (ZEE) des Émirats arabes unis, au large des côtes de l’émirat de Fujaïrah, alors qu’ils étaient sur le point de...
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