Des navires de guerre américains traversant le canal de Suez en direction de la région du Golfe, pour faire face, selon les États-Unis, aux menaces iraniennes. AFP Photo/US NAVY/Mass Communication Specialist 3rd Class Darion Chanelle Triplett
Les États-Unis ont lancé une guerre psychologique au Moyen-Orient, a dénoncé hier Hossein Salami, le commandant en chef des gardiens de la révolution, le corps d’élite des forces armées iraniennes, a déclaré un porte-parole parlementaire. « Le commandant Salami a présenté l’analyse selon laquelle les Américains ont lancé une guerre psychologique, parce que les allées et venues de leurs forces dans la région sont finalement chose commune », a dit le porte-parole.
Le secrétariat américain à la Défense a approuvé vendredi un nouveau déploiement de missiles Patriot au Moyen-Orient. Cette décision est intervenue après celle d’envoyer un groupe aéronaval et des bombardiers dans la région, afin de signaler clairement à Téhéran que toute attaque contre les intérêts de Washington ou de ses alliés serait sanctionnée, expliquait hier le conseiller américain à la Sécurité nationale John Bolton. Un haut gradé des gardiens de la révolution, Amirali Hajizadeh, a estimé hier que la présence militaire américaine dans le Golfe, qui était jusqu’alors une menace, était désormais une chance. « Un porte-avions qui a au moins 40 à 50 appareils et 6 000 hommes à son bord était pour nous une grave menace par le passé, mais aujourd’hui, les menaces se sont transformées en chances », a dit le chef de la division aérospatiale des gardiens, cité par l’agence de presse iranienne ISNA, en ajoutant que « si les Américains font un geste, nous les frapperons à la tête ».
Sur un autre plan, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a qualifié de « mauvaise réaction » la menace par l’Iran de ne plus respecter deux engagements de l’accord nucléaire de 2015, et appelé Téhéran à faire preuve de « maturité politique ». « L’Iran a une mauvaise réaction, face à la mauvaise décision américaine de se retirer des accords de Vienne et d’accumuler des sanctions », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères dans une interview au Parisien mise en ligne samedi soir sur le site du quotidien.
Le 8 mai, l’Iran a donné deux mois aux Européens pour sortir les secteurs pétrolier et bancaire iraniens de leur isolement provoqué par les sanctions américaines, faute de quoi la République islamique renoncerait à des engagements pris dans l’accord international de 2015 qui limitant drastiquement son programme nucléaire. Les Européens ont exprimé leur « vive préoccupation » après ces décisions. Le ministre français des Affaires étrangères a aussi mis en garde contre toute « spirale belliqueuse », soulignant au passage la « responsabilité » des Américains, et insisté sur la nécessité pour cela de dialoguer avec l’Iran.
Sources : agences


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