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La Dernière

Le voyage américain de Nicolas Mouawad

Cinéma

L’acteur s’apprête à tourner dans un long-métrage américain inspiré de la Genèse. « Après la joie, c’est surtout le trac que je ressens », a-t-il confié à « L’Orient-Le Jour ».

10/05/2019

La nouvelle du choix de l’acteur Nicolas Mouawad pour tourner dans un film américain a rapidement envahi les réseaux sociaux il y a quelques jours. Et il y a de quoi être fier ! À 40 ans, l’acteur qui s’apprête à endosser le rôle du prophète Abraham dans un long-métrage intitulé His Only Son, est l’une des rares figures familières de notre petit écran à avoir réussi ce genre d’exploit. Sur les réseaux sociaux, le Libanais a remercié le réalisateur David Helling pour l’avoir choisi, « et Dieu pour cette unique opportunité de carrière ». « Tout a commencé quand j’ai reçu un message sur le site IMDB, de la part du producteur russe Roman Medjanov, qui m’explique préparer un film sur Abraham, confie-t-il. Il m’explique également que le réalisateur avait déjà établi une présélection quand il a vu mon profil par hasard sur la Toile. » « On m’a proposé une audition, j’ai accepté de la faire sans grands espoirs », ajoute le brun à la beauté ténébreuse, qui se fait filmer par un ami en train d’interpréter une scène difficile du film où Abraham parle à Dieu. Trois jours plus tard, il reçoit un e-mail. « Jusqu’à la dernière ligne, je m’attendais à être gentiment recalé. Mais au final, je découvre que plus de 1 700 acteurs ont passé l’audition, que les producteurs ont été séduits par ma performance, alors qu’ils n’avaient d’abord recherché que des Américains, et qu’ils aimeraient que je passe une audition à Los Angeles, raconte Nicolas Mouawad. Ils ont attendu que j’obtienne mon visa, qui n’a pas tardé, et je me suis retrouvé aux États-Unis, où j’ai décroché le rôle. »

Le voyage d’Abraham

Très impressionnés par son talent, RockBridge Productions décident de tout faire pour que l’acteur libanais obtienne son visa de travail américain, sans lequel il lui serait impossible de faire le film. Pour cela, ils acceptent de reporter le tournage de décembre 2018 à juin 2019, en espérant pouvoir convaincre les autorités que le rôle ne pouvait être interprété que par lui. « Il y a eu tellement de formalités et de paperasses ! Mais j’ai finalement obtenu mon visa au mois d’avril », dit Nicolas Mouawad, qui se rendra en juin à Los Angeles pour un tournage de 40 jours. Le film racontera le voyage d’Abraham de trois jours pour aller sacrifier son fils Isaac. Durant ce voyage, sa foi sera mise à rude épreuve et des flash-back lui rappelleront sa vie et son passé.

« Le film est conforme à la Genèse de l’Ancien Testament », précise l’acteur originaire de Tyr, qui assure qu’il ne s’agit pas d’une grosse production hollywoodienne, mais plutôt d’un film indépendant. « Même si je ne suis pas le plus pratiquant des chrétiens, ces histoires de la Bible me touchent et surtout le personnage d’Abraham que j’ai toujours aimé. De caractère, je doute beaucoup, mais comme j’ai déjà présenté deux scènes très importantes du film lors des auditions, je me dis que tout ira bien. » Et d’ajouter : « J’étais très content à l’annonce de la nouvelle, mais c’est surtout le trac que je ressens maintenant. Je devrais être en train de préparer mon rôle et parfaire mon anglais à Los Angeles, mais je suis occupé par un autre projet local. En tout cas, ils semblent apprécier mon accent ! »

De nouveaux horizons

En effet, Nicolas Mouawad qui a un agenda chargé tourne actuellement dans le feuilleton al-Bacha qui connaît un grand succès à la télévision et marque son attachement aux séries libanaises après de gros succès en Égypte. « J’ai eu la chance de prendre part à six séries très populaires en Égypte, dont Sabee gar (Le septième voisin) et Wannous. Ces feuilletons sont une véritable industrie au Caire et chaque acteur aimerait travailler dans ces conditions où il est juste demandé à un acteur d’interpréter son rôle sans se soucier de quoi que ce soit d’autre », ajoute-t-il, affirmant qu’il ne pensait plus vraiment faire de projets au Liban depuis déjà quelques années, et qu’il avait même pensé à quitter le métier si des opportunités différentes ne venaient pas à se présenter.

« J’ai connu des succès ici, mais il faut dire que le marché est saturé, explique l’acteur qui a fait ses débuts à la télévision en 2006 et a tourné depuis dans des dizaines de feuilletons libanais comme Yasmina, Wajaa el-rouh et al-Hob el-hakiki. L’idée de travailler en Europe m’est venue il y a quelque temps. Comme je suis francophone, je pensais pouvoir tourner à Paris, ou même au Royaume-Uni où j’ai obtenu en 2013 le prix du meilleur acteur dans un rôle principal pour le film Takaseem el-hob au Festival international du film de Londres. L’Amérique, je n’osais pas en rêver. J’espère que ce film m’ouvrira des portes. Je crois que j’ai des chances, surtout quand je pense au nombre d’obstacles que j’ai dû surmonter, l’un après l’autre… » L’adage : nul n’est prophète en son pays prend peut-être avec Nicolas Mouawad un nouveau sens !

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