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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

Ultimatum de l’Iran, qui s’affranchit de certains engagements

Donald Trump a imposé hier de nouvelles sanctions contre « les secteurs iraniens du fer, de l’acier, de l’aluminium et du cuivre ».

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, assistent à une conférence de presse à Moscou (Russie), le 8 mai 2019. Evgenia Novozhenina/ Photo Reuters

L’Iran a annoncé hier qu’il s’affranchissait de deux engagements pris dans le cadre de l’accord international sur son programme nucléaire de 2015, en réponse à la décision américaine de se retirer unilatéralement de ce pacte, il y a un an jour pour jour. Téhéran a également lancé un ultimatum aux Européens, leur donnant deux mois pour trouver une solution permettant de sortir réellement les secteurs pétrolier et bancaire iraniens de leur isolement provoqué par les sanctions économiques américaines, faute de quoi la République islamique renoncera à d’autres engagements. Ces annonces interviennent dans un climat de tensions exacerbées entre l’Iran et les États-Unis, qui ont annoncé mardi le déploiement d’un porte-avions et de bombardiers B-52 dans le Golfe, pour contrer de présumées « attaques imminentes » de l’Iran contre les forces américaines. L’Iran cesse désormais de limiter ses réserves d’eau lourde et d’uranium enrichi, revenant sur des restrictions consenties par l’accord conclu à Vienne en juillet 2015 et limitant drastiquement son programme nucléaire.

Le président Hassan Rohani a comparé ces mesures à une « opération chirurgicale (...) destinée à sauver (l’accord), pas à le détruire », et a affirmé que son pays agissait conformément à l’accord de Vienne qui permet aux parties de suspendre partiellement ou intégralement certains de leurs engagements en cas de manquement imputé à une autre partie.

Donald Trump a imposé hier de nouvelles sanctions contre « les secteurs iraniens du fer, de l’acier, de l’aluminium et du cuivre » pour renforcer la pression sur le régime de Téhéran et a menacé de prendre de nouvelles mesures si l’Iran ne « change pas radicalement d’attitude ». La décision iranienne a été diversement reçue par les cinq autres pays encore parties à ce pacte (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie). Londres l’a jugée « inopportune », Berlin a appelé Téhéran à respecter et mettre en œuvre l’accord « dans sa totalité » et Paris n’a pas exclu que l’Union européenne (UE) prenne de nouvelles sanctions contre l’Iran après cette annonce. Plaidant pour le maintien de l’accord, Pékin a appelé « toutes les parties en présence à faire preuve de retenue, à renforcer le dialogue et à éviter une escalade des tensions ».

« Convaincre les Européens »

Qualifiant l’accord de Vienne de « construction (...) équilibrée » ayant été « très fragilisée » par le retrait des États-Unis, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a insisté sur l’importance « de convaincre tous les participants de la nécessité de remplir leurs obligations ». « Nous allons nous efforcer de convaincre avant tout nos partenaires européens qu’ils doivent remplir leurs promesses », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse commune, à Moscou, avec son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif. Celui-ci a accusé les Européens de n’avoir « rempli aucune de leurs obligations » après le retrait américain.

Pris à la gorge économiquement, Téhéran donne « 60 jours » à ses partenaires pour « rendre opérationnels leurs engagements en particulier dans les secteurs pétrolier et bancaire », sous peine de ne plus respecter d’autres clauses de l’accord. L’ultimatum survient après que les États-Unis, qui ont promis une campagne de « pression maximale » contre Téhéran, eurent annulé début mai les dérogations qu’ils accordaient à huit pays pour leur permettre d’acheter du pétrole iranien sans contrevenir aux sanctions américaines extraterritoriales.

Selon Téhéran, les mesures annoncées sont réversibles « à tout moment ». Mais si au bout de 120 jours « nous ne sommes pas parvenus à un résultat, une autre mesure sera prise », a ajouté M. Rohani, sans plus de détails. Pour Robert Kelley, de l’Institut international de Stockholm pour la recherche sur la paix (Sipri) et ancien inspecteur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ces annonces n’ont pas « de portée stratégique », l’Iran cherchant surtout à « sauver la face ». Israël, de son côté, a affirmé qu’il ne laisserait pas son ennemi iranien « se doter de l’arme nucléaire », même si Téhéran a toujours démenti vouloir s’en doter.

Source : AFP

L’Iran a annoncé hier qu’il s’affranchissait de deux engagements pris dans le cadre de l’accord international sur son programme nucléaire de 2015, en réponse à la décision américaine de se retirer unilatéralement de ce pacte, il y a un an jour pour jour. Téhéran a également lancé un ultimatum aux Européens, leur donnant deux mois pour trouver une solution permettant de sortir réellement les secteurs pétrolier et bancaire iraniens de leur isolement provoqué par les sanctions économiques américaines, faute de quoi la République islamique renoncera à d’autres engagements. Ces annonces interviennent dans un climat de tensions exacerbées entre l’Iran et les États-Unis, qui ont annoncé mardi le déploiement d’un porte-avions et de bombardiers B-52 dans le Golfe, pour contrer de présumées « attaques...
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