À l’occasion de la cérémonie, l’ordre des journalistes avait préparé un panneau sur lequel étaient affichés les portraits des martyrs de la presse libanaise. De haut en bas et de droite à gauche : Omar Hamad, Noureddine Kadi, Mohammad Mahmassani, Mahmoud Mahmassani, Kamel Mroué, Nassib Metni, Gergé Haddad, Abdel Ghani Arayssi, Ali Chaabane, Abdel Karim el-Khalil, Fabienne Thomas, Wassim Takieddine, Édouard Saab, Selim Laouzi, Saïd Fadel Akl, cheikh Ahmed Tabbara, l’émir Aref Chehabi, Abdel Kader Kharsa, Petro Paouli, Souheil Tawilé, Hussein Mroué, Assef Abou Rahhal, Samir Kassir, Layal Nagib, Georges Haoui, Riad Taha, cheikh Philippe el-Khazen, Gebran Tuéni, Abbas Badreddine et cheikh Farid el-Khazen.
Parrainée par le ministre de l’Information Jamal Jarrah, une cérémonie organisée par l’ordre des journalistes à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse s’est tenue hier au siège de la municipalité de Hazmieh. L’événement s’est tenu en présence notamment du président de l’ordre des rédacteurs Joseph Kossaïfi, du président de l’ordre de la presse Aouni el-Kaaki, du directeur général du ministère de l’Information Hassan Falha, qui représentait M. Jarrah, de représentants du ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil et du président des Kataëb Samy Gemayel, ainsi que de Julia Koch de Biolley, vice-présidente de la délégation de l’Union européenne au Liban, et de Georges Awad, représentant du directeur du bureau régional de l’Unesco à Beyrouth, Mohammad Ben Seif Hamami.
Avant de prononcer l’allocution du ministre de l’Information, M. Falha s’est exprimé en sa qualité personnelle, déplorant le fait que « les journalistes vétérans, qui ont atteint un âge avancé, soient abandonnés à leur propre sort, sans que l’État ou les propriétaires des entreprises de presse ne s’en préoccupent ».
Au nom de M. Jarrah, le directeur général du ministère a affirmé que « la crise économique dont pâtit aujourd’hui la presse libanaise fait partie d’un tout, et ne peut donc être séparée de ce que le pays traverse », assurant que « le budget en préparation, tout en étant austère, ne portera pas atteinte aux personnes à revenus limités ».
M. Falha a par ailleurs évoqué « l’âge d’or » de la presse, soulignant que celle-ci « était considérée avant les récentes transformations de la région comme une école pour l’éducation des générations et l’exercice de la liberté et de la démocratie ». « En célébrant la Journée mondiale de la liberté de la presse, ce qui compte pour nous aujourd’hui, c’est que cette liberté reste protégée », a-t-il conclu.
Quand le journalisme va bien, le pays va très bien
Prenant à son tour la parole, Joseph Kossaïfi a appelé l’État à « assumer son rôle envers le secteur de la presse qui agonise », évoquant « les crises dont pâtissent de nombreux journalistes et médias ». « Le journaliste est le défenseur de la liberté et son fer de lance. Il est de son droit d’avoir le gouvernement à ses côtés pour qu’il puisse accomplir sa mission avec impartialité », a-t-il dit. « Le peu dont ont besoin les médias et les journalistes n’équivaut pas à une infime partie du gaspillage qui a cours », a estimé M. Kossaïfi, exhortant le gouvernement à « les protéger pour redonner au secteur de la presse son rôle historique honorable ». « La liberté de la presse au Liban avait fait du pays un refuge et l’imprimerie du Moyen-Orient lui avait donné son identité cosmopolite », a-t-il rappelé à cet égard, avant de noter que « lorsque le journalisme allait bien, le Liban allait très bien ».
M. Kossaïfi a par ailleurs salué le souvenir des « martyrs de la presse », rappelant que « des journalistes ont marqué de leur sang le document de la liberté ». Fustigeant « les despotes habitués à maltraiter les journalistes et à les jeter aux oubliettes des prisons », il a martelé que « la liberté est le droit de tout être humain, et non un don de quiconque ». Et de conclure par un hommage : « En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, nous nous inclinons devant les martyrs qui ont donné sans compter. »


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