Les employés licenciés par le quotidien « al-Moustaqbal » devant le ministère de la Justice. Photo Nabil Ismaïl
Plus de deux mois après leur licenciement abusif, le 31 janvier dernier, les journalistes licenciés du quotidien al-Moustaqbal (qui a viré vers la version électronique) ont adressé une lettre ouverte au Premier ministre Saad Hariri, l’exhortant à leur verser leurs droits.
« Il est triste de constater que vous n’avez toujours pas expliqué votre décision de mettre la clé sous la porte aussi rapidement et subitement », peut-on lire dans la note rendue publique à l’issue d’une réunion entre le comité des journalistes licenciés et des représentants d’al-Moustaqbal. Ce comportement est « inédit en pleine crise de la presse écrite », estiment les journalistes renvoyés. « Nous attirons votre attention sur le fait que les droits que l’administration du journal s’était engagée à respecter sont irréversibles et ne tolèrent ni atermoiements ni retard », ajoute le texte, qui poursuit : « D’autant que la manière de mettre fin à l’édition papier en janvier dernier était pour le moins inhumaine et illégale. » Et de rappeler que certains journalistes renvoyés depuis plus de 19 mois n’ont toujours pas encaissé les sommes qui leur sont dues.
« Notre plaidoirie est humaine et légale et elle est en harmonie avec l’éthique et les valeurs que nous partageons avec vous, Monsieur le Premier ministre », insistent les journalistes lésés, se félicitant de la médiation menée par le ministre du Travail Camille Abousleiman et des efforts du président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara Asmar. « Vous êtes notre employeur. Mais, en même temps, vous êtes le chef du gouvernement. Il est donc crucial pour vous de faire preuve de transparence sur le plan financier, au vu de l’importance de votre position au sein de l’État », ajoutent les journalistes, mettant en garde contre d’éventuelles « répercussions morales sur M. Hariri » que causerait tout retard supplémentaire.

