Des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) faisant le « V » de la victoire à leur retour de la ligne de front à Baghouz. Giuseppe Cacace/AFP
Les jihadistes jusqu’au-boutistes du groupe État islamique (EI), désormais acculés dans un tout petit secteur au bord de l’Euphrate aux confins orientaux de la Syrie, tentaient désespérément hier de défendre le dernier lambeau de leur « califat ».
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les frappes aériennes de la coalition internationale conduite par les États-Unis, ont annoncé avoir pris le contrôle du campement de fortune dans lequel l’EI était retranché ces dernières semaines, dans le village de Baghouz.
Après une nouvelle nuit de violents combats et de bombardements, plusieurs centaines de personnes sont encore sorties ces dernières heures de la poche jihadiste.
Cette percée notable sur le terrain rend plus proche la fin d’une offensive lancée en septembre contre le dernier vestige du « califat » autoproclamé en 2014 par l’EI sur de vastes régions à cheval entre la Syrie et l’Irak. Mais les FDS n’ont pas été jusqu’à proclamer la victoire.
Certains jihadistes qui se battent désormais dans une ultime bande au bord de l’Euphrate ne semblent pas disposés à se rendre, alors qu’un haut responsable de l’EI a lancé un message appelant à des attaques contre les FDS. « Les FDS contrôlent la zone de campement à Baghouz », composée essentiellement de tentes de fortune, de voitures abandonnées et de tunnels souterrains, a affirmé sur Twitter le porte-parole des FDS, Mustafa Bali. « Il ne s’agit pas d’une annonce de victoire, mais d’un progrès significatif dans la bataille contre Daech », a-t-il néanmoins nuancé en utilisant un acronyme en arabe de l’EI. « Des centaines de combattants de Daech blessés ou malades ont été capturés » après la chute du camp et « ont été évacués vers des hôpitaux militaires », a ajouté M. Bali.
Encerclés depuis trois axes, les jihadistes ne peuvent pas fuir par le fleuve, le régime syrien et ses alliés étant déployés de l’autre côté, sur la rive orientale.
Soutenues par les raids de la coalition internationale anti-jihadistes, les FDS ont lancé leur assaut final début février pour déloger les derniers jihadistes de leur ultime poche à Baghouz, dans la province de Deir ez-Zor. Elles ont annoncé hier la mort sur le champ de bataille à Baghouz d’un combattant italien, Lorenzo Orsetti, qui avait rejoint leurs rangs en 2017.
Les Kurdes dénoncent Damas
Par ailleurs, les autorités kurdes en Syrie ont dénoncé les propos « menaçants » tenus par le ministre de la Défense selon lequel l’armée du régime va libérer par la force ou par le biais d’accord les régions sous leur contrôle. « Le discours du ministre syrien de la Défense (...) reflète la politique raciste et stérile qui a conduit la Syrie à cette situation désastreuse », ont déploré les autorités kurdes dans un communiqué diffusé lundi soir. Un peu plus tôt, le ministre syrien de la Défense Ali Abdallah Ayoub avait averti que l’armée syrienne « libérera » les zones contrôlées par les forces kurdes « par la force » ou par le biais d’un « accord de réconciliation ». À la faveur du conflit déclenché en 2011 en Syrie, les Kurdes de Syrie ont instauré une autonomie sur de vastes territoires dans le nord et le nord-est du pays.
Sur un autre plan, les chefs d’état-major de la Syrie, de l’Iran et de l’Irak devaient se réunir à Damas pour discuter « des moyens de combattre le terrorisme », rapportait le quotidien al-Watan soutenant le régime syrien, lundi. Le journal ne fournit pas de détails sur la date et le lieu de cette réunion exceptionnelle.
Arrestation au Koweït d’un proche du régime syrien
Enfin, un homme d’affaires syrien réputé proche du régime de Damas a été arrêté au Koweït, ont indiqué hier son avocat et un associé. L’homme d’affaires identifié comme étant Mazen Tarazi a été interpellé lundi soir dans son bureau dans les locaux du magazine al-Hadaf, où il a un statut d’associé, a précisé à l’AFP son avocat, Me Badr al-Yacoub. Ce dernier a affirmé ignorer les raisons de cette arrestation, mais selon le quotidien al-Qabas, M. Tarazi est soupçonné d’avoir blanchi de l’argent et imprimé des textes sans autorisation.
Établi depuis de longues années au Koweït, M. Tarazi possède une maison d’édition et de publicité en partenariat avec le Koweïtien Ahmad al-Jarallah, homme d’affaires et patron de presse.
Mazen Tarazi figure sur une liste noire de l’Union européenne de personnalités syriennes sanctionnées par un gel de leurs avoirs et une interdiction de visas pour leur responsabilité dans la répression en Syrie.
Sources : agences

