Tu es partie…Toute une partie de ma vie est partie avec toi.
Quels souvenirs intenses tu gardes derrière toi…
Et comme je regrette ce temps qui avance sans toi et papa à mes côtés.
Maman, comme j’aurais aimé avoir une baguette magique pour te laisser à tout jamais à mes côtés.
La souffrance de ne plus t’avoir est terrible, intenable, insoutenable.
Tu n’es plus là… et le Soleil n’a pas arrêté de se lever.
Tu n’es plus là… et le monde n’a pas arrêté de bouger.
Tu n’es pas là… et le temps ne s’est guère arrêté.
Tu n’es plus là… et la terre ne s’est pas arrêtée de tourner.
Pourquoi ? Pourquoi ? Et une petite voix au cœur me chuchote : « Jésus en a voulu ainsi, le temps ne doit guère s’arrêter pour que nous puissions un jour nous retrouver au paradis... » Est-ce toi maman qui me parles ? Je sens ta présence maman, Juan, Shaun, Luna… aussi. Tu nous protèges, tu nous encourages, tu nous entoures, tu nous aimes encore à l’infini jusqu’à l’éternité… Sinon, comment aurions-nous pu supporter un instant ton absence si ce n’est toi qui nous soutiens ?
Tu es là… Tu es dorénavant notre ange gardien.
Je me rappelle. Je me rappelle… De ta beauté à couper le souffle, ton élégance légendaire, ton parfum de musc qui flotte encore et toujours… De tes innombrables gestes dans l’ombre, ta douceur unique, ton don de soi exemplaire, ta générosité de cœur sans nulle autre pareille… Toi qui as soutenu papa pour qu’il puisse s’accomplir dans sa vie privée aussi bien que dans sa vie publique… Papa me disait de toi, avec des yeux remplis d’amour : « C’est un ange », et j’entends encore le timbre de sa voix.
Je me rappelle. Je me rappelle… Nous avons vécu tout le temps très proches l’une de l’autre.
Je me suis mariée, je n’ai pas voulu m’éloigner, nous ne l’aurions jamais accepté, j’ai habité la même allée, presque toute collée. Tu venais chez moi, le chez-moi était le chez-toi. Et quand tu n’étais pas chez moi, une partie de moi, mon Juan, allait habiter chez toi. Juan était dans son second nid d’amour, et toi, tout simplement, tu étais comblée…
Je me rappelle… De nos voyages… Nos croisières en mer… Shaun qui te faisait rire avec ses « zigoutiii », Luna qui se blottissait contre toi, tes mains dans ses cheveux, Juan qui était tout simplement enchanté par ta présence…
Maman, tu as toujours été directe dans tes choix, dans ta façon d’être sans aucun artifice.
Tu m’as montré l’essentiel… ce qui est réellement important… ne pas écouter ce qu’on ne veut pas entendre et être fier du chemin que l’on a fait. Maman, tu remplissais ma vie d’amour, tu m’as montré comment entourer mes enfants avec amour et rien d’autre. Tu étais aussi la tata d’amour de Juan, Luna, Shaun… Surtout de Juan... Juan, tu l’as trop aimé, il t’a trop aimée, vous étiez tellement attachés l’un à l’autre, comme par magie, par des liens indélébiles.
Maman d’amour…
Je n’oublierai jamais comment, durant ces derniers mois, tu semblais résignée… dans l’acceptation de cette maladie incurable, calme et apaisée ; comme un ange que tu as toujours été, tu attendais.
On a parlé avec des mots… On a parlé sans mots.
Vivre à partager le moindre souffle de ta vie, à dormir en fonction de ta respiration, à trembler au moindre silence prolongé… a été un cadeau que tu m’as fait… Maman, tu m’as donné une leçon de courage. Et quel courage !
La parenthèse n’est guère fermée, le livre de ta vie restera toujours ouvert, il m’imprégnera pour ma vie, je suivrai tes pas, je prendrai le même chemin, tu es toujours là, tu ne me quitteras jamais car, vois-tu, une maman d’amour ne s’éteint jamais. Maman, tu es en moi à chaque battement de cœur.
Le cordon ombilical, nous n’avons jamais voulu le couper, il nous reliera jusqu’à l’éternité…
Paola Raymond RAPHAËL AGOSTINE

