L’Inde a annoncé avoir procédé hier à une « frappe préventive » contre un groupe islamiste basé au Pakistan, provoquant un nouvel accès de fièvre dans les relations entre ces deux puissances nucléaires autour de la région disputée du Cachemire. « Aux premières heures aujourd’hui, l’Inde a frappé le plus grand camp d’entraînement de Jaish-e-Mohammad à Balakot » au Pakistan, a déclaré Vijay Gokhale, un haut responsable de la diplomatie indienne. « Dans cette opération, un très grand nombre de terroristes, de formateurs, de commandants de haut rang et de jihadistes entraînés aux attentats-suicide de Jaish-e-Mohammad ont été éliminés », a poursuivi M. Gokhale.
Islamabad, dénonçant une « agression intempestive », a démenti qu’un « camp terroriste » ait été visé près de Balakot, dans le nord-est du Pakistan. Les tensions étaient déjà très vives entre les deux frères ennemis d’Asie du Sud depuis l’attentat-suicide au Cachemire indien qui a provoqué la mort d’au moins 40 paramilitaires indiens le 14 février et été revendiqué par le groupe islamiste insurgé Jaish-e-Mohammad (JeM), établi au Pakistan. Selon les analystes, le fait que la frappe ait eu lieu en territoire pakistanais hors du Cachemire est le signe d’une escalade qui suscite par ailleurs l’inquiétude de la communauté internationale.

