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Liban - Réfugiés Syriens

Réfugiés syriens : Baabda campe sur ses positions, le Futur craint une normalisation déguisée

À quelques jours de la séance hebdomadaire du Conseil des ministres, nombreuses sont les craintes quant à un retour au climat de tension distillé à la fin de la première séance gouvernementale après le vote de confiance. Pour rappel, la visite du ministre d’État pour les Affaires des réfugiés Saleh Gharib à Damas la semaine dernière avait suscité une vive réaction de la part des ministres des Forces libanaises, dans la mesure où il s’agit selon eux d’une infraction à la politique de distanciation, approuvée dans la déclaration ministérielle.

Assurant que le climat de la première réunion ministérielle ne laissera pas de retombées négatives sur la séance de cette semaine, les sources proches de Baabda soulignent que le président de la République, Michel Aoun, n’a fait que mettre les points sur les « i » : il s’agit d’une question existentielle, portant sur la protection de l’entité libanaise, du territoire et des citoyens.

Citées par notre correspondante Hoda Chedid, ces sources font valoir que le retour des réfugiés syriens est le premier souci du président Aoun. D’autant que plusieurs zones à l’intérieur de la Syrie sont désormais sécurisées. Selon les statistiques de l’ONU, 85 % des réfugiés veulent rentrer chez eux, soulignent les mêmes sources avant de poser la question de savoir comment atteindre cet objectif sans un dialogue avec le régime syrien.

C’est d’ailleurs dans ce même cadre que s’inscrit une déclaration de Mario Aoun, député du Chouf (Courant patriotique libre), à la Voix du Liban 93,3. « Le dossier des réfugiés syriens est entre les mains du président de la République », a-t-il lancé.

Emboîtant le pas aux milieux de Baabda, le chef de la diplomatie Gebran Bassil a profité d’un point de presse qu’il a tenu conjointement avec Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, en visite à Beyrouth, pour plaider en faveur du retour sécurisé des réfugiés. Celui-ci « est la seule solution », a estimé M. Bassil, assurant que l’Union européenne aidera le Liban sur ce plan.

À son tour, le Premier ministre Saad Hariri a saisi l’occasion de sa participation au sommet euro-arabe de Charm el-Cheikh pour exhorter la communauté internationale à « déployer davantage d’efforts afin d’assurer un retour digne et sécurisé des réfugiés syriens dans leur pays natal, conformément aux principes du droit international et de manière à préserver la souveraineté des pays hôtes ». Il a tenu des propos similaires à l’issue de son entretien avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi en marge du sommet de Charm el-Cheikh.

Il n’en reste pas moins que la question du retour des réfugiés suscite de sérieuses craintes quant à un éventuel forcing dans le sens de la normalisation des rapports libano-syriens. Des appréhensions que Mohammad Hajjar, député du Chouf (courant du Futur), n’a pas cachées. « Le retour des réfugiés est nécessaire. Mais il est intolérable d’instrumentaliser cette question pour normaliser avec le régime Assad loin de la légitimité arabe », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

En face, Saleh Gharib campe sur ses positions : la solution passe par un dialogue avec Damas. « Nous avons déjà dit que le contact direct avec l’État syrien est essentiel pour opérer une percée sur ce plan », a-t-il déclaré dans un entretien accordé à la chaîne France 24. Et d’ajouter : « Nous sommes entrés en contact avec les personnes concernées et avons visité la Syrie en temps voulu. » Soulignant que c’est en sa qualité de ministre qu’il s’est rendu à Damas, M. Gharib a affirmé avoir mis le président de la République et le Premier ministre au courant de son déplacement, après son retour.

À quelques jours de la séance hebdomadaire du Conseil des ministres, nombreuses sont les craintes quant à un retour au climat de tension distillé à la fin de la première séance gouvernementale après le vote de confiance. Pour rappel, la visite du ministre d’État pour les Affaires des réfugiés Saleh Gharib à Damas la semaine dernière avait suscité une vive réaction de la part des ministres des Forces libanaises, dans la mesure où il s’agit selon eux d’une infraction à la politique de distanciation, approuvée dans la déclaration ministérielle. Assurant que le climat de la première réunion ministérielle ne laissera pas de retombées négatives sur la séance de cette semaine, les sources proches de Baabda soulignent que le président de la République, Michel Aoun, n’a fait que mettre les points sur les...
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