Des véhicules militaires américains dans la province de Deir ez-Zor en Syrie, lors d’une opération contre l’État islamique, le 21 février. Delil Souleiman/AFP
Les États-Unis vont maintenir 200 soldats en Syrie pour « un certain temps » dans le cadre d’une mission de maintien de la paix après le retrait des troupes actuellement présentes dans le pays, a déclaré la Maison-Blanche. Une décision saluée, hier, par les dirigeants kurdes de Syrie, dont les miliciens composent la majorité des Forces démocratiques syriennes (FDS).
L’annonce du maintien de 200 soldats vient nuancer l’ordre donné en décembre par Donald Trump de commencer le rapatriement de l’ensemble des troupes américaines stationnées en Syrie, environ 2 000 soldats. Le président américain avait alors proclamé la défaite du groupe État islamique (EI) en Syrie.
Mais plusieurs conseillers de Donald Trump lui ont suggéré d’ajuster sa politique afin de garantir la sécurité des FDS, qui ont aidé les États-Unis dans la lutte contre l’EI, et d’empêcher l’Iran d’étendre son influence dans la région.
« Un petit groupe de maintien de la paix d’environ 200 (soldats) va rester en Syrie un certain temps », a déclaré jeudi la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, dans un communiqué succinct. Le communiqué a été publié peu de temps après que Donald Trump et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan se sont entretenus au téléphone des conditions du retrait des troupes américaines de Syrie. D’après la Maison-Blanche, les deux dirigeants sont convenus de « continuer à coordonner la mise en place d’une potentielle zone de sûreté » à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Un haut représentant de l’administration américaine a confié que la décision de Trump était dans les tuyaux depuis un certain temps. Aucun élément ne permet pour l’heure d’établir combien de temps et où ces 200 soldats seront déployés.
Signal clair
« Il s’agit d’un signal clair envoyé à nos alliés et aux membres de la coalition », a dit ce membre de l’administration. L’émissaire spécial américain pour la Syrie déclarait dimanche dernier que le retrait militaire américain ne serait ni rapide ni brutal.
Avec cette décision, Donald Trump pourrait repousser les critiques qui ont surgi après son annonce du retrait des troupes américaines, des voix s’élevant pour dénoncer le caractère prématuré de ce retrait et le champ qui serait ainsi laissé à l’EI pour reprendre du terrain. Les autorités kurdes dans le nord de la Syrie craignaient qu’un retrait total des forces américaines ne les expose à une attaque turque.
« Nous considérons comme positive la décision de la Maison-Blanche », a déclaré Abdulkarim Omar, l’un des responsables des FDS. « Cette décision pourrait encourager les pays européens, en particulier nos partenaires de la coalition internationale contre le terrorisme, à maintenir des forces dans la région, a-t-il ajouté. Laisser sur place un certain nombre de soldats américains et un nombre plus important d’autres soldats de la coalition, avec une protection aérienne, contribuera à la stabilité de la région. » Pour Abdulkarim Omar, le maintien de cette présence américaine « pourra inciter le gouvernement de Damas à dialoguer sérieusement en vue de résoudre la crise syrienne ». Le sénateur républicain Lindsey Graham a par ailleurs indiqué hier sur la chaîne Fox News que le président américain avait « ajusté sa politique » et que sa décision de maintenir des effectifs militaires limités dans le Nord-Est syrien est destinée à convaincre les Européens d’y envoyer un millier d’hommes de plus. « Ces 200 hommes vont probablement attirer 1 000 Européens », a estimé M. Graham. « Maintenant, la tâche incombe à l’Europe. 80 % de l’opération devrait être européenne et peut-être 20 % pour nous », a-t-il ajouté.
Source : Reuters


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