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Moyen Orient et Monde - France

Condamnations unanimes en France après le bond des actes antisémites

Le ministre de l’Intérieur a annoncé une hausse de 74 % des actes visant des personnes, des sites ou des symboles juifs en 2018.

La justice française a été saisie après la découverte de plusieurs inscriptions antisémites sur plusieurs sites parisiens, dont des croix gammés sur le portrait de Simone Veil, figure européenne survivante d’Auschwitz. Jacques de Marthon/AFP

Le bond des actes antisémites en 2018 en France a suscité hier une condamnation unanime de la part du gouvernement, de responsables politiques et des organisations juives, certains y voyant une marque d’une « libération de la parole ».

Le week-end a été marqué par plusieurs dégradations : image de Simone Veil – figure de la vie politique française et européenne, déportée à 15 ans dans le camp d’Auschwitz – barrée d’une croix gammée ; tag « Juden » sur la vitrine d’un restaurant parisien ; arbre à la mémoire d’Ilan Halimi vandalisé. Jeune juif de 23 ans, Ilan Halimi avait été retrouvé mourant (avant de décéder) après avoir été séquestré et torturé pendant plusieurs semaines en 2006 en banlieue parisienne par un groupe surnommé le « Gang des barbares ».

Lundi, le ministre français de l’Intérieur, Christophe Castaner, a dénoncé un « poison » en annonçant une hausse de 74 % des actes antisémites en 2018. Dans le détail, 541 actes antisémites ont été recensés en 2018 contre 311 l’année précédente, a précisé le ministère. Hasard du calendrier, le prix Halimi, décerné à la mémoire du jeune homme décédé, devait être remis par le Premier ministre français Édouard Philippe hier soir.

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) Francis Kalifat a appelé à « un sursaut national », déplorant auprès de l’AFP la « libération et la banalisation de la haine antijuive ». Joël Mergui, président du Consistoire israélite de France, a, lui, évoqué sur la chaîne BFMTV « un climat où la désinhibition des haines est de plus en plus patente ».

« La situation est ancienne, a noté Jean Veil, avocat et fils de Simone Veil. Personne n’osait manifester son antisémitisme après la guerre. Mais au fond, on sentait que la lèpre était toujours là » , a-t-il commenté sur la radio RTL.

Dans la classe politique, la condamnation a été large, du Parti communiste français à Debout la France (parti de droite souverainiste), en passant par le parti centriste MoDem et les écologistes. Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise (LFI, gauche radicale), a dénoncé dans un tweet ces « tags antisémites (qui) expriment la stupidité meurtrière sans fin des préjugés racistes ». Avec « une pensée pour la courageuse mère de Ilan Halimi, que des salopards refusent de laisser en paix », la présidente du Rassemblement national (extrême droite), Marine Le Pen, a dénoncé la « flambée des actes antisémites ». Chez Les Républicains (droite), le premier vice-président du parti, Guillaume Peltier, a fustigé « des extrémistes de gauche et de droite qui se croient tout permis », alors qu’on a « érigé en valeur absolue la liberté d’expression ».

« Instrumentalisation »

Le gouvernement français, par la voix de son porte-parole Benjamin Griveaux, a promis une réponse « pénale, judiciaire » forte. Il a lancé en mars 2018 un plan triennal de lutte contre l’antisémitisme et le racisme, qui prévoit notamment l’expérimentation d’ « un réseau d’enquêteurs et de magistrats spécifiquement formés à la lutte contre les actes haineux ».

M. Griveaux a aussi placé une partie de la réponse sur le terrain politique. Après trois mois de manifestations du mouvement populaire des gilets jaunes, il avait lié samedi plusieurs faits survenus en fin de semaine, « incendie contre le domicile de Richard Ferrand (président de l’Assemblée nationale), attaque contre l’Assemblée et actes antisémites ». Niant hier tout « amalgame » entre antisémitisme et gilets jaunes, il a néanmoins remarqué que ces actes interviennent « souvent en marge de ces cortèges » où extrême gauche et extrême droite « se mêlent », et a évoqué dans ce cadre « une libération de la parole ».

« Le complotisme est très présent dans (les) rangs des gilets jaunes », a dit le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, arguant d’un sondage IFOP montrant que 44 % des personnes se définissant comme gilets jaunes se disent d’accord avec l’idée de l’existence d’un complot sioniste à l’échelle mondiale.

Dénonçant une « instrumentalisation », le député LFI Alexis Corbière a appelé M. Griveaux à ne pas « raconter n’importe quoi : le mouvement des gilets jaunes n’est pas un mouvement antisémite ».

Mais pour Jean Veil, « en réalité, à l’extrême droite comme à l’extrême gauche, on voit des mouvements et on entend des propos absolument intolérables ».

Source : AFP

Le bond des actes antisémites en 2018 en France a suscité hier une condamnation unanime de la part du gouvernement, de responsables politiques et des organisations juives, certains y voyant une marque d’une « libération de la parole ».Le week-end a été marqué par plusieurs dégradations : image de Simone Veil – figure de la vie politique française et européenne, déportée à 15 ans dans le camp d’Auschwitz – barrée d’une croix gammée ; tag « Juden » sur la vitrine d’un restaurant parisien ; arbre à la mémoire d’Ilan Halimi vandalisé. Jeune juif de 23 ans, Ilan Halimi avait été retrouvé mourant (avant de décéder) après avoir été séquestré et torturé pendant plusieurs semaines en 2006 en banlieue parisienne par un groupe surnommé le « Gang des barbares »....
commentaires (3)

On va peut être en rire , mais pour mériter ce qui arrive à LA France , ce pays doit ne pas faire ce que ses "allies" et " amis" lui demandent de faire pour EUX . C'est un jeu où il est exigé de la France qu'elle s'implique de façon disons "trumpienne" , mais que macron et consort doivent ne pas vouloir obtempérer comme ces lobbyistes l'exigent. La France résiste, alors que ce groupe doit lui faire sentir que on est soit avec eux soit contre eux . Rappelons que la France n'a pas voulu aller à Varsovie.

FRIK-A-FRAK

14 h 41, le 13 février 2019

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Commentaires (3)

  • On va peut être en rire , mais pour mériter ce qui arrive à LA France , ce pays doit ne pas faire ce que ses "allies" et " amis" lui demandent de faire pour EUX . C'est un jeu où il est exigé de la France qu'elle s'implique de façon disons "trumpienne" , mais que macron et consort doivent ne pas vouloir obtempérer comme ces lobbyistes l'exigent. La France résiste, alors que ce groupe doit lui faire sentir que on est soit avec eux soit contre eux . Rappelons que la France n'a pas voulu aller à Varsovie.

    FRIK-A-FRAK

    14 h 41, le 13 février 2019

  • EN FRANCE OU L,ANARCHIE S,EXPRIME CRUELLEMENT ET NEGATIVEMENT EN CES JOURS... ANTI SEMITISME, GILETS JAUNES, TERRORISME... L,ETAT DEVRAIT SE MANIFESTER DRASTIQUEMENT ET SANS PITIE POUR SAUVEGARDER LA DEMOCRATIE. CETTE DERNIERE DEVRAIT PARTOUT SE DEFENDRE AVEC TOUS LES MOYENS... MEME ANTI DEMOCRATIQUES... QUAND IL S,AGIT DE SAUVER LA DEMOCRATIE !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    12 h 55, le 13 février 2019

  • Le tag "juden" sur la vitrine d'un restaurant parisien rappelle une certaine nuit de cristal. Des gilets jaunes a l’infâme croix jaune un pas a été franchis par l'aile la plus extrémiste du mouvement qui a profané l'Arc de triomphe et des églises.

    Tabet Ibrahim

    11 h 17, le 13 février 2019

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