Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif recevait hier son homologue syrien Walid Moallem à Téhéran. Atta Kenare/AFP
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé hier qu’il rencontrera le président russe Vladimir Poutine le 21 février à Moscou afin de discuter de l’activité militaire de l’Iran en Syrie. Ce sera leur première rencontre depuis novembre et depuis qu’Israël a indiqué, le 21 janvier, avoir frappé plusieurs positions du régime syrien – soutenu par Moscou – et de son allié iranien en Syrie. « Je vais me rendre à nouveau en Russie le 21 février après mes discussions avec le président Poutine à Paris il y a quelques mois et les conversations téléphoniques ayant suivi », a indiqué le Premier ministre israélien au début d’une entrevue avec le président autrichien, Alexander Van der Bellen, à Jérusalem. « Il est très important que nous continuions à empêcher l’Iran de s’établir en Syrie, a-t-il ajouté. C’est l’un des sujets, le principal sujet, que j’aborderai avec le président Poutine. »
Le 29 janvier, Benjamin Netanyahu avait rencontré à Jérusalem l’émissaire du Kremlin pour la Syrie, Alexandre Lavrentiev, et le vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Verchinine, afin de « renforcer la coordination militaire » entre les deux pays en Syrie et « éviter les frictions », avait alors indiqué son bureau. Ces dernières années, Israël a mené de nombreux raids aériens ou des tirs de missiles contre ce qu’il a présenté comme des objectifs militaires iraniens en Syrie ou des convois d’armes sophistiquées destinées au Hezbollah. En 2015, Israël et la Russie ont mis en place un mécanisme de « déconfliction » afin d’éviter les accrochages entre leurs armées en Syrie. Mais cette coordination a été mise à mal lorsqu’un avion militaire russe a été abattu par erreur par la défense antiaérienne syrienne, après un raid israélien en Syrie, le 17 septembre. Quinze militaires russes avaient été tués. La Russie a ensuite dit vouloir renforcer la défense antiaérienne du régime syrien, avec l’annonce de la livraison à Damas d’un système de défense aérien S-300.
Reconstruction
De son côté, l’Iran a averti hier Israël qu’il répondrait de manière « ferme et dissuasive » à de nouvelles attaques aériennes de l’État hébreu contre ses positions en Syrie. Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil national de sécurité iranien, a lancé cette mise en garde à l’occasion d’un entretien à Téhéran avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem. Ces attaques violent l’intégrité territoriale de la Syrie et sont « inacceptables », a déclaré Ali Shamkhani. « Si ces actions se poursuivent, nous déclencherons des mesures calculées de dissuasion qui constitueront une réponse ferme et appropriée et serviront de leçon » aux Israéliens, a ajouté le conseiller à la Sécurité nationale, cité par l’agence de presse iranienne Fars.
Parallèlement, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a indiqué hier à M. Moallem que l’Iran est prêt à participer à la reconstruction de la Syrie. M. Zarif a fait part à son hôte de « la disposition des entreprises iraniennes à coopérer économiquement avec la Syrie pendant la période de reconstruction », indique le communiqué. Fin janvier, à l’occasion de la visite à Damas du premier vice-président iranien Eshaq Jahanguiri, la Syrie et l’Iran ont signé 11 accords et protocoles d’entente, dont un accord de coopération économique « stratégique » et à « long terme », entre leurs deux pays.
Source : AFP


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