Les Qataris sont devenus hier champions d’Asie de football, après avoir vaincu le Japon (3-1) en finale de la Coupe d’Asie des nations. Karim Sahib/AFP
Cette victoire n’est pas uniquement sportive pour le Qatar, mais prend également la forme d’une revanche face à ses rivaux régionaux du Moyen-Orient (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Bahreïn et Égypte), qui lui imposent un isolement diplomatique et économique depuis juin 2017. En cause : les liens supposés du Qatar avec des mouvements extrémistes et son rapprochement avec le rival régional de l’Arabie saoudite, l’Iran. Tout le long du tournoi, les Qataris ont surmonté un accueil hostile et de vives tensions extrasportives avant de s’imposer contre les Japonais. Ils ont ainsi dû essuyer une pluie de chaussures et de projectiles divers (bouteilles en plastique, cannettes, etc.) en demi-finale contre les Émirats arabes unis, pays organisateur de la Coupe d’Asie, qu’ils ont laminé (4-0). Ils ont également dû disputer la plupart de leurs matches presque sans supporteurs, pour beaucoup interdits d’entrée aux Émirats. Toutefois, il n’y a pas eu de jets de chaussures lors de la finale, jouée dans une atmosphère sereine.
Hier, contre le Japon donc, les Bordeaux ont pris les devants dès la première mi-temps. L’incontournable Ali Almoez, meilleur buteur de la compétition avec neuf réalisations, a ouvert le score d’un superbe retourné acrobatique dans la surface à la 12e minute du match, avant un but d’Abdulaziz Hatim dans la lucarne à la 27e minute de jeu. Les Japonais, quadruples champions d’Asie et donnés favoris, ont repris espoir après la pause grâce à Takumi Minamino (69e minute). Mais Akram Afif a clos les débats sur penalty à dix minutes de la fin, après l’intervention de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR).
Une stratégie payante
Cette victoire représente l’aboutissement de plusieurs années d’investissement dans un projet à long terme pour le Qatar, qui a depuis longtemps choisi le sport en général et le football en particulier pour peser sur la scène internationale. Ce succès trouve son origine dans la fameuse académie Aspire de Doha, créée en 2004 pour faire éclore des talents qataris jouant dans le championnat national. Le Qatar était également allé chercher Felix Sanchez, débauché de l’académie du FC Barcelone en 2006, pour prendre la tête de la sélection nationale. Stratégie enfin payante pour le petit émirat du Golfe, qu’il faudra prendre au sérieux lors de « son » Mondial en 2022.
Source : AFP

