Naomi Osaka au côté de son père haïtien Leonard François. Sa mère Tamaki est, elle, japonaise. Avec ses succès et son ascension fulgurante dans le tennis, la nouvelle n° 1 mondiale est devenue le symbole de la lutte pour les enfants nippons issus de mariages mixtes, qui pâtissent toujours au Japon de vifs préjugés raciaux. Saeed Khan/AFP
Nouvelle reine du tennis à 21 ans seulement, Naomi Osaka n’a eu besoin que de quelques mois pour grimper sur le trône mondial. Mais l’aura de cette timide jeune femme au métissage atypique dépasse largement les frontières de son sport, notamment au Japon, son pays natal.
Pour conquérir samedi dernier l’Open d’Australie, son second titre majeur consécutif quatre mois après l’US Open – gagné face à la légende Serena Williams – cette athlète aux cheveux châtains bouclés et à la peau mate s’est une nouvelle fois appuyée sur son extraordinaire puissance de frappe et une capacité rare à se sublimer dans les grands événements. Mais si la nouvelle n° 1 mondiale fait tant parler d’elle, c’est surtout pour son incroyable parcours familial. Née le 16 octobre 1997 dans la ville éponyme, Osaka a quitté à l’âge de 3 ans le pays dont elle porte les couleurs. Émigrée à New York avec son père, Leonard François, originaire d’Haïti, sa mère japonaise, Tamaki, et sa sœur, Mari, elle réside toujours aux États-Unis et possède la double nationalité nippo-américaine.
Ses idoles de jeunesse ne viennent d’ailleurs pas de l’archipel : il s’agit des sœurs Williams. Son père a consacré une bonne partie de sa vie à la formation de ses deux filles, en s’inspirant du succès obtenu par Richard Williams avec Serena et Venus. Et lorsqu’elle décroche en septembre dernier son premier titre du grand chelem, Osaka est bien loin d’imaginer le retentissement de son exploit à l’autre bout de la planète. Pourtant, au cœur d’un été marqué par de meurtrières catastrophes naturelles au Japon, la chaîne NHK stoppe sa couverture en continu des événements pour diffuser l’heureuse nouvelle en « une ». Sans le vouloir, Osaka, qui ne parle même pas japonais couramment, devient au Japon le symbole de la lutte pour les « hafu », ces enfants issus de mariages mixtes, qui pâtissent toujours de vifs préjugés raciaux. Mais elle se dit prête néanmoins à endosser son nouveau statut.
Sa jeunesse, son audace, son sourire jovial et son profil cosmopolite font évidemment aussi le bonheur des sponsors. Plusieurs marques japonaises se sont ainsi ruées sur la pépite. L’ascension est fulgurante, mais l’intéressée n’est pas de cet avis : « Moi, je n’ai pas l’impression que ce soit rapide. (…) J’ai conscience de tout le travail que j’ai fourni. De mon point de vue, j’ai la sensation que ça a été plutôt long. » Son règne a en tout cas tout pour l’être.
Source : AFP

