Une voiture a explosé hier dans un quartier de Damas, près de l'ambassade russe. Firas Makdesi/Reuters
La Turquie est en mesure d’établir seule une « zone de sécurité » dans le nord de la Syrie dont elle prône la création et qui a été remise à l’ordre du jour par Washington, a affirmé hier le ministre turc des Affaires étrangères. « Nous pouvons créer cette zone seuls et prendre les mesures nécessaires », a déclaré Mevlüt Cavusoglu lors d’une interview à la chaîne A-Haber.
Le président américain Donald Trump a proposé mi-janvier la création d’une « zone de sécurité » de 30 km en Syrie, une idée soutenue par la Turquie qui se dit prête à mettre un tel projet en œuvre. Ankara justifie la création de cette « zone de sécurité » par le besoin d’éloigner de sa frontière les milices kurdes YPG, qu’elle considère comme « terroristes », et le groupe État islamique (EI). Mais les YPG, qui contrôlent une grande partie des territoires du nord de la Syrie et qui sont alliées aux Américains, sont hostiles à la proposition.
Moscou, l’un des principaux acteurs dans le conflit syrien qui dure depuis 2011, a pour sa part appelé à un retour du régime syrien dans le nord de la Syrie après le retrait des forces américaines prévu de cette zone sur les ordres de M. Trump. Mais M. Cavusoglu a insisté hier que Bachar el-Assad « ne peut pas unifier la Syrie » ou continuer à diriger le pays « comme si de rien n’était ». Le chef de la diplomatie turque a par ailleurs annoncé que l’envoyé spécial pour la coalition internationale antijihadiste, James Jeffrey, était attendu à Ankara pour des entretiens avec des responsables turcs.
Attentat près de Damas
Sur un autre plan, l’agence officielle SANA et l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) ont indiqué qu’un attentat à la bombe a secoué hier un secteur du nord-est de la capitale syrienne Damas, non loin de l’ambassade de Russie. SANA a fait état de « l’explosion d’un engin (...) placé sous une voiture dans le secteur Adwi à Damas » ayant provoqué « des dégâts matériels sans faire de victimes civiles ». L’OSDH, qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays en guerre, a de son côté fait état d’un bilan préliminaire de quatre blessés légers. « L’attentat a eu lieu non loin de l’ambassade de Russie » situé dans la rue « 6 Octobre », dans le nord-est de la capitale. Il s’agit du troisième attentat à toucher des zones contrôlées par le régime de Bachar el-Assad depuis dimanche : ce jour-là, une explosion avait déjà secoué Damas, la première attaque du genre en plus d’un an. L’OSDH avait fait état de « morts et blessés », sans donner de bilan précis. Les autorités avaient de leur côté assuré que l’attaque n’avait fait aucune victime.
Mardi, c’est la ville côtière de Lattaquié, fief du clan Assad, qui a été la cible d’un attentat à la voiture piégée. Il a entraîné la mort d’un civil et fait 14 blessés, selon SANA. Le dernier attentat dans la province de Lattaquié, relativement à l’abri de la guerre depuis 2011, avait eu lieu en janvier 2017.
Source : AFP


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