À Baabda, le général Joseph Votel, le président Michel Aoun et l’ambassadrice américaine, Elizabeth Richard. Photo Dalati et Nohra
Le chef de l’État a annoncé hier à Baabda le lancement du processus de lutte contre la corruption, malgré l’absence de gouvernement. « Nous avons démarré, aujourd’hui, la lutte contre la corruption », a affirmé Michel Aoun, à une délégation de hauts fonctionnaires du ministère de l’Énergie et de l’Eau, présidée par le ministre César Abi Khalil. « J’attendais la formation d’un nouveau gouvernement, après les élections législatives, pour mener ce combat avec davantage d’efficacité, a poursuivi le président Aoun. Mais cela n’empêche pas d’enclencher ce combat, vu l’ampleur de la corruption constatée. » Le chef de l’État a certes reconnu que les difficultés à surmonter sont nombreuses. « Je nommerai les choses par leurs noms », a-t-il promis, assurant qu’« on ne peut continuer de la sorte, car le peuple compte sur nous, et il souffre ». Michel Aoun a insisté sur « la nécessité de réformer les failles structurelles dans tous les domaines », et de « s’aider soi-même afin que Dieu nous vienne en aide ». « Nous nous causons du tort avec ces pratiques », a-t-il regretté, précisant qu’il faut « aller vite ». Et de relever que « la négligence coûte au pays plus de la moitié de la dette publique, vu le manque de planification ». « Au cours des quatre années à venir, nous devons nous mettre au travail pour réaliser les projets envisagés, sur le plan de l’infrastructure notamment », a martelé le président Aoun. Avant de dénoncer « les déclarations de certains hommes politiques qui se répercutent négativement sur les marchés financiers ». Michel Aoun faisait référence à des propos tenus par le ministre sortant des Finances, Ali Hassan Khalil, sur la possibilité d’une imminente restructuration de la dette du pays, propos qui avaient toutefois été démentis par l’intéressé.
Sur un autre plan, le chef de l’État a reçu le commandant de la force centrale américaine UScentcom, le général Joseph Votel, pour une visite d’adieux. La rencontre s’est déroulée en présence de l’ambassadrice des États-Unis, Elizabeth Richard. Notons que le général Votel a également été reçu par le Premier ministre désigné, Saad Hariri, et par le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun.

