Le député libanais Jamil Sayed, proche du régime syrien de Bachar el-Assad, a affirmé mardi que le Premier ministre désigné, Saad Hariri, "fait partie du problème" qui empêche la formation du gouvernement depuis mai dernier, appelant le parlement à "revenir sur la désignation" de M. Hariri.
"Saad Hariri fait partie du problème, mais ne constitue pas le problème en tant que tel, car celui-ci est causé par la structure constitutionnelle" du système politique libanais, a affirmé l'ancien directeur de la Sûreté générale, lors d'une conférence de presse.
Jamil Sayyed a exprimé l'espoir de voir le président du Parlement, Nabih Berry, convoquer les députés la semaine prochaine à une séance "pour discuter de la situation gouvernementale et voter le retrait de la désignation du Premier ministre". "Si la majorité se prononce pour le retrait, cela devrait être fait", a estimé M. Sayyed.
"Si la séance échoue, j'appelle tous les députés à se joindre au peuple dans la rue", a-t-il lancé, après avoir appelé à "une révolution parlementaire du haut pour former le gouvernement".
La mise sur pied du gouvernement de Saad Hariri, qui semblait imminente à la veille des fêtes de fin d'année, paraît totalement bloquée et reportée sine die. Le dernier obstacle sur lequel la formation du cabinet avait buté était le fameux obstacle sunnite, né de l’insistance des six députés hostiles au Courant du Futur – et bénéficiant de l'appui décisif du Hezbollah – à prendre part au cabinet. Dans ce contexte, le Hezbollah a fait porter la responsabilité du blocage de la formation du cabinet au Premier ministre désigné Saad Hariri. Ce dernier a accusé pour sa part le parti chiite d'entraver cette formation.

