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Abdallah II de Jordanie en Irak pour la première fois depuis 10 ans

AFP
14/01/2019
Le roi Abdallah II de Jordanie a rencontré lundi le président Barham Saleh à Bagdad, lors de sa première visite en Irak depuis une dizaine d'années, a annoncé la télévision publique.

Cette visite intervient sur fond de ballet diplomatique à Bagdad, où se sont récemment succédé les chefs de diplomatie des deux grands alliés de l'Irak, l'Iran et les Etats-Unis, eux-mêmes grands ennemis.

Il s'agit de la deuxième visite du roi de Jordanie en Irak depuis l'invasion menée par les Américains qui a renversé le dictateur Saddam Hussein en 2003. Il avait été en 2008 le premier chef d'Etat arabe à se rendre à Bagdad depuis la mise en place des nouvelles autorités, dominées par les chiites, majoritaires dans le pays, et proches de l'Iran, contre lequel Saddam Hussein avait mené huit années de guerre dans les années 1980.

M. Saleh s'était rendu en Jordanie en novembre et le mois suivant le Premier ministre jordanien, Omar al-Razzaz, avait rencontré son homologue irakien, Adel Abdel Mahdi, à Bagdad.

Amman et Bagdad, qui partagent des poste-frontières importants pour le commerce régional, ont récemment signé des mémorandum d'accord, notamment dans le domaine de l'électricité, une ressource en pénurie chronique en Irak depuis des années.

Alors que l'Irak dépend en grande partie de l'Iran pour alimenter ses centrales électriques --qui ne fournissent toujours que quelques heures par jour de courant aux près de 40 millions d'habitants--, Bagdad regarde vers Amman pour diversifier ses importations.

Pour obtenir de Washington une exemption temporaire de son dernier train de sanctions contre l'Iran fin 2018, Bagdad a indiqué vouloir acheter son électricité à la Jordanie ainsi qu'à la Turquie et au Koweït.

La Jordanie, elle, "a des ambitions économiques", note le politologue irakien Essam al-Fili. "Elle veut satisfaire ses besoins en hydrocarbures importés avec un pipeline reliant Bassora (sud de l'Irak) à Aqaba", dans le sud de la Jordanie, ajoute-t-il.

Au même moment, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian était également en visite à Bagdad, après ses homologues américain et iranien.

Pour Fanar Haddad, spécialiste de l'Irak à l'Université de Singapour, Bagdad, frontalier de la Syrie en guerre, de la Jordanie, grand allié des Etats-Unis, du Golfe et de l'Iran, jouit d'un "avantage majeur".

"Il entretient actuellement de bonnes relations avec tous les acteurs régionaux", affirme le chercheur à l'AFP. "L'Irak peut parler à tout le monde dans une région pourtant traversée par d'importantes fractures", explique-t-il. Ainsi, Bagdad a été désigné médiateur entre la Syrie et le Qatar pour normaliser leurs relations.

Mais la position de l'Irak est à double tranchant, estime cet expert, car les puissances agissantes dans la région "peuvent saper la stabilité récente et encore précaire de l'Irak". "Une escalade entre les Etats-Unis et l'Iran", se ferait, prévient-il, "au dépend de l'Irak", qui s'est déclaré il y un peu plus d'un an vainqueur du groupe Etat islamique (EI).

Si les jihadistes ont été chassés des centres urbains de l'ensemble du pays, ils continuent de mener des attaques.

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