L’ancien ministre et chef du parti al-Tawhid, Wi’am Wahhab, est revenu hier à la charge, en s’en prenant au procureur général près la Cour de cassation, le juge Samir Hammoud, et au directeur des Forces de sécurité intérieure, le général Imad Osman.
« Nous aspirons à l’État juste auquel croit le chef de l’État Michel Aoun, a-t-il déclaré. Mais pour que cet État soit édifié, il faudrait demander des comptes à un juge irresponsable (en allusion au magistrat Hammoud), qui met la justice au service de la politique, ainsi qu’à un homme de sécurité téméraire et cinglé (en allusion au général Osman) qui pense que le service qu’il dirige appartient à son père ou à son zaïm (en allusion au Premier ministre Saad Hariri). »
M. Wahhab tenait ces propos au cours de la cérémonie marquant le quarantième jour de la mort de Mohammad Abou Diab, l’un de ses gardes du corps, tué dans la nuit du 1er au 2 décembre dernier dans des heurts qui avaient opposé, à Jahiliyé, dans le Chouf, ses partisans à des membres des renseignements des Forces de sécurité intérieure. Les forces de l’ordre s’étaient rendues dans le village pour interpeller M. Wahhab dans le cadre de l’enquête sur ses attaques jugées diffamatoires contre la famille Hariri. La cérémonie s’est déroulée hier en présence de représentants du chef de l’État et du président de la Chambre, de Mahmoud Kmati, à la tête d’une délégation du Hezbollah, et du président du Parti démocrate libanais et député du Chouf, Talal Arslane.
M. Wahhab, qui fait assumer à Saad Hariri, au juge Hammoud et au général Osman la responsabilité de la mort de son garde du corps, a affirmé que le sang versé par Mohammad Abou Diab « ne fera pas l’objet d’un marchandage ». « Nous avons évité la guerre civile que d’aucuns ont voulu provoquer lors de l’offensive de Jahiliyé parce que nous sommes forts et savons comment protéger notre droit, notre sang et notre dignité », a-t-il ajouté. M. Wahhab a en outre réitéré son soutien à la Syrie et à son président Bachar el-Assad.
Un soutien réitéré par M. Arslane qui, dans une allocution prononcée à cette occasion, a lui aussi fait assumer au juge Hammoud la mort de Mohammad Abou Diab et de Ala’ Abou Faraj, tué lors des affrontements qui avaient opposé à Choueifate, en mai dernier, des partisans du Parti socialiste progressiste du leader druze Walid Joumblatt et des membres du Parti démocrate, suite à des échanges d’accusations entre le député du PSP Akram Chehayeb et M. Arslane. Ala’ Abou Faraj était partisan du PSP. « Je sais comment a été tué Ala’ Abou Faraj, a-t-il affirmé. Je défie Samir Hammoud de me convoquer en tant que témoin. »
Réagissant aux propos de M. Wahhab, Mohammad Hajjar, député du Futur, l’a accusé de « porter atteinte à la dignité des grands de ce pays et à des symboles judiciaires et sécuritaires qui se sont dévoués à servir la justice et la sécurité ». Sur son compte Twitter, il a affirmé que M. Wahhab se trompe s’il pense que le soutien du Hezbollah légitime ses attaques contre l’État.


LES BULLES D,AIR ON LES IGNORE !
16 h 36, le 14 janvier 2019