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Liban - Manifestations

Au Liban, une grogne sociale aux slogans très politiques

De nombreuses régions du Liban ont connu ce week-end des rassemblements, notamment à l’appel du PCL et d’autres partis de gauche, contre l’effondrement économique.

Un grand rassemblement à Saïda, à l’appel du député Oussama Saad. Photo ANI

Des rassemblements simultanés, parfois très denses, ont eu lieu ce week-end, le plus souvent à l’appel de partis de gauche comme le Parti communiste libanais ou l’Organisation nassérienne, avec la participation d’organisations de la société civile, pour pousser en avant les nombreuses revendications sociales, allant de l’accès aux services divers (eau, électricité, santé…) à la protection contre l’effondrement économique, la lutte contre la corruption… Ces revendications se sont mêlées à des slogans politiques considérant le système politique actuel comme « en crise » et devant, selon les mots du député Oussama Saad, chef de l’Organisation populaire nassérienne, « évoluer vers un État civil moderne ». Il faut noter que ces organisations appellent à un rassemblement central monstre à Beyrouth le dimanche 20 janvier, au moment même où devrait se dérouler le sommet arabe économique dans la capitale libanaise. « Nous sommes tous lésés, nous sommes tous responsables » est le slogan adopté par le PCL pour rassembler les foules.

À Zouk Mosbeh, Saïda, Halba (Akkar) ou Zahlé, les manifestations étaient donc itinérantes hier. L’un des rassemblements les plus importants s’est tenu à Saïda, en présence d’Oussama Saad qui a prononcé un discours sans complaisance à l’encontre des autorités. Différents partis et organisations avaient fait le déplacement de différentes régions comme Jezzine, le Chouf, l’Iqlim el-Kharroub…

« Nous voulons un État équitable, non un État de clans et de partage des parts, de vol et de corruption, a lancé M. Saad. Nous réclamons le respect des droits humains dans l’accès à la santé, aux garanties sociales, aux offres d’emploi, au logement, aux services et à une gestion transparente. Nous ne voulons plus d’un État de vexations et d’humiliations, mais d’un État progressiste comptant sur ses esprits innovants… »

Et d’ajouter : « Nous sommes dans la rue parce que les autorités ont fermé la porte au dialogue et aux solutions nécessaires pour régler les crises politiques, économiques et sociales. Nous sommes là parce que les autorités négligent leurs responsabilités et ne s’affairent qu’à assurer leurs intérêts privés. » L’espoir, selon lui, est dans un « État civil, fort, équitable, démocratique et moderne ».

« Ce système ne durera pas »

Plusieurs de ces manifestants ont visé un des secteurs qui symbolise le plus l’échec des autorités : l’électricité. À Zouk Mosbeh, nombreux étaient les habitants venus manifester aux portes de la centrale vétuste et polluante de la localité, en présence de forces de sécurité largement déployées. Un porte-parole de la société civile a expliqué le choix du lieu « symbolique de la corruption », et des manifestants ont scandé le slogan : « Ce système ne durera pas. » Dans la Békaa-Nord, un rassemblement a également eu lieu devant le département d’électricité dans le village de Laboué, à l’appel du PCL. Les manifestants ont brandi des slogans revendiquant l’accès à l’eau et à l’électricité, et d’autres « à faire tomber le régime, demander des comptes aux corrompus et former un gouvernement intègre qui ferait respecter les droits des citoyens », selon l’ANI. Porte-parole des manifestants, Mohammad Masri a souligné qu’« une tentative de créer un bloc populaire de poids, libre des contraintes confessionnelles, est en cours, en vue de faire face à la politique qui mène à l’effondrement économique ».

Dans la Békaa également, le PCL a organisé un sit-in face au sérail de Zahlé, où les manifestants ont élevé des slogans contre la situation économique difficile, appelant « à la révolution contre les autorités ». Parmi les revendications, les manifestants ont demandé un état d’urgence sanitaire – étant donné le nombre grandissant de cancers –, un soutien au secteur agricole, le développement des infrastructures, la baisse des salaires des responsables politiques, un terme au gaspillage et à la corruption, l’application de l’accord de Taëf notamment dans sa clause d’abolition du confessionnalisme politique…

À Halba, capitale du Akkar, les manifestants du PCL se sont rassemblés sur la place du village pour protester contre « les politiques de paupérisation ». La porte-parole des manifestants, Aïda Haddad, du Parti communiste, a placé ce mouvement dans le cadre de la lutte « contre l’effondrement dont on veut faire assumer les conséquences aux citoyens ». « Restons rassemblés pour rebâtir une nation libre, heureuse, et un pouvoir capable d’assurer une vie digne à ses citoyens », a-t-elle lancé.

Devant le sérail de Aley s’est également tenu un rassemblement qui a été qualifié de « jour de colère et d’intifada contre un pouvoir corrompu ». Symboliquement, les manifestants ont effectué une marche vers la Banque centrale de Aley, en vue de protester contre les conditions économiques difficiles et l’absence de réformes dignes de ce nom. Les manifestants ont appelé « la gauche à retrouver son esprit de militantisme et à représenter les aspirations des citoyens ».

Samedi, des dizaines de manifestants issus de collectifs de la société civile s’étaient rassemblés peu après 13h30 devant le siège du ministère du Travail, avant de se rendre au siège du ministère de la Santé, afin de dénoncer la crise de l’emploi et la situation du secteur de la Santé dans le pays. Ce rassemblement était organisé par des collectifs de la société civile.

Des rassemblements simultanés, parfois très denses, ont eu lieu ce week-end, le plus souvent à l’appel de partis de gauche comme le Parti communiste libanais ou l’Organisation nassérienne, avec la participation d’organisations de la société civile, pour pousser en avant les nombreuses revendications sociales, allant de l’accès aux services divers (eau, électricité, santé…) à la protection contre l’effondrement économique, la lutte contre la corruption… Ces revendications se sont mêlées à des slogans politiques considérant le système politique actuel comme « en crise » et devant, selon les mots du député Oussama Saad, chef de l’Organisation populaire nassérienne, « évoluer vers un État civil moderne ». Il faut noter que ces organisations appellent à un rassemblement central...
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