Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé hier à l’unanimité d’envoyer des observateurs civils au Yémen. Carlo Allegri/Reuters
Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé hier à l’unanimité d’envoyer des observateurs civils au Yémen, afin notamment de sécuriser le fonctionnement du port stratégique de Hodeida et de superviser l’évacuation des combattants de cette ville. Une résolution rédigée par le Royaume-Uni, adoptée par les 15 membres du Conseil, entérine également les acquis obtenus lors des récentes consultations interyéménites tenues en Suède. Le texte, amendé à plusieurs reprises cette semaine à la demande des États-Unis, de la Russie ou du Koweït, « insiste sur le plein respect par toutes les parties du cessez-le-feu décrété pour la province de Hodeida ». Il autorise l’ONU « à établir et à déployer, pour une période initiale de 30 jours à compter de l’adoption de la résolution, une avant-garde pour commencer un travail d’observation », sous la direction du général néerlandais à la retraite Patrick Cammaert. Selon l’ONU, cet ex-officier, qui a effectué plusieurs missions dans le monde pour l’organisation comme Casque bleu, était attendu hier à Amman, avant de se rendre à Sanaa et à Hodeida à des dates non précisées. Au cours de sa carrière, Patrick Cammaert a commandé entre 2000 et 2002 la mission des Nations unies en Éthiopie et en Érythrée (Minuee). En 2005, il occupait pour l’ONU des fonctions de commandement en République démocratique du Congo, après avoir aussi accompli des missions au Cambodge et en Bosnie-Herzégovine.
Aide humanitaire
La résolution réclame par ailleurs au secrétaire général de « soumettre (au Conseil de sécurité) des propositions aussi vite que possible d’ici au 31 décembre sur la manière dont les Nations unies pourraient soutenir pleinement l’accord de Stockholm comme l’ont réclamé les parties ». Des diplomates ont évoqué la possibilité de déployer à Hodeida et ses environs entre 30 et 40 observateurs – des civils ayant des expériences militaires – pour garantir l’arrêt des hostilités et sécuriser l’acheminement de l’aide humanitaire. Des membres de l’avant-garde sont déjà en route pour la région, a précisé hier l’ONU. Les consultations interyéménites en Suède ont notamment permis d’aboutir à un cessez-le-feu à Hodeida, entré en vigueur mardi, et à la décision d’un retrait des combattants de cette ville et de son port, crucial pour l’acheminement de l’aide humanitaire. Les ports d’al-Salif et de Ras Issa sont également concernés par des mesures de cessation des hostilités et d’évacuation de combattants. Un accord est aussi intervenu pour un échange de prisonniers, qui est également entériné par la résolution du Conseil de sécurité.
Les deux parties, rebelles chiites houthis et forces gouvernementales soutenues par la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite sunnite, avaient donné en Suède leur accord pour que l’ONU supervise les activités du port de Hodeida. À la demande des États-Unis, une mention accusant nommément l’Iran de soutenir des attaques de houthis avait été ajoutée au texte des accords obtenus en Suède. La Russie est intervenue pour menacer d’utiliser son veto si cette mention était gardée. Une offre de compromis a remplacé le mot Iran par une condamnation du soutien apporté aux houthis, « quelle que soit sa source ».
Dans la résolution adoptée hier, l’ensemble du paragraphe concerné a été supprimé. D’autres paragraphes ont aussi disparu : un relatif à des aspects de la situation humanitaire dans le pays et un autre sur la mise en responsabilité des auteurs d’atrocités et de destructions au Yémen, qui visait tant les forces gouvernementales que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite.
Source : AFP

