Vladimir Poutine. REUTERS/Maxim Shemetov
Le président Vladimir Poutine, lors de sa conférence de presse annuelle, a accusé jeudi les Etats-Unis d'accroître le risque de guerre nucléaire en menaçant de se retirer du traité de 1987 sur les missiles à portée intermédiaire (INF) et en refusant de discuter de la prolongation du traité New START.
Le président américain Donald Trump a annoncé fin octobre que les Etats-Unis allaient se retirer du traité INF, accusant Moscou de ne pas le respecter. Ce traité signé par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev portait sur le démantèlement des missiles tirés du sol et d'une portée de 500 à 5.500 km.
Pour le président russe, un retrait américain du traité INF aurait des conséquences imprévisibles. "Nous assistons en fait à l'effondrement de l'ordre international du contrôle des armements et au début d'une course aux armements", a-t-il dit. "Il est très difficile d'imaginer les conséquences (d'un retrait américain). Si de tels missiles apparaissent en Europe, que devrons-nous faire ? Evidemment, nous devons assurer notre propre sécurité", a ajouté Vladimir Poutine.
Un autre traité russo-américain, le pacte New START, qui limite le nombre d'ogives nucléaires stratégiques, arrive à expiration en 2021.
Vladimir Poutine s'est dit inquiet de voir que Washington ne semblait pas disposé à discuter de sa prolongation. "Il n'y a encore eu aucune discussion à ce sujet. Est-ce que cela n'intéresse pas les Américains, n'en voient-ils pas la nécessité ? D'accord... Alors nous assurerons notre propre sécurité, comme nous savons le faire. Mais c'est très mauvais pour l'humanité car cela nous rapproche d'un seuil très dangereux", a-t-il souligné.
Le numéro un russe a par ailleurs dénoncé l'idée de doter des missiles balistiques d'ogives conventionnelles, ainsi que la tendance "dangereuse" à envisager plus facilement un emploi tactique de l'arme nucléaire.
"Si quelque chose comme cela devait se produire, que Dieu nous en préserve, ce sera la fin de toute civilisation et peut-être aussi la fin de la planète", a-t-il affirmé. "J'espère que l'humanité a assez de bon sens et d'instinct de conservation pour ne pas tomber dans de telles extrêmes."


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