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Liban

Raï à Baabda : « Aoun porte la croix de la patrie »

Vie politique

« Il ne suffit pas que quelqu’un vienne ici et lui dise : c’est ce que je veux. Cela ne s’appelle plus dialogue », juge le chef de l’Église maronite.


F. N. | OLJ
15/12/2018

Le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a effectué hier une visite d’appui au chef de l’État, au cours de laquelle il a dénoncé le climat « malsain » qui entoure le processus de formation du nouveau gouvernement et critiqué indirectement le groupe de députés sunnites. « Il fallait dire au président que nous sommes à ses côtés ; on ne peut pas le laisser se battre tout seul », a affirmé à L’Orient-Le Jour une source responsable à Bkerké.

Le patriarche maronite a critiqué « l’intransigeance » de certaines parties dans la crise gouvernementale, estimant que « le chef de l’État n’assume pas à lui tout seul la responsabilité de la formation du gouvernement, mais qu’il partage cette responsabilité avec toutes les fractions libanaises (…) en particulier celles qui sont directement concernées par ce processus ». Le président Aoun « a besoin de son peuple et des composantes de la nation pour gouverner, et je l’ai informé de l’inquiétude du peuple. Il en est parfaitement conscient », a ajouté le chef de l’Église maronite, qui a ajouté : « Cette façon d’aborder le processus de formation du gouvernement est malsaine, chacun s’attachant à ses demandes, sans aucun souci de la population, de l’État, de ses institutions, de l’économie qui s’effondre et des risques monétaires. Si les députés ne sont pas responsables de cette situation, qu’on me dise qui l’est ? »

« On ne peut pas prétendre être concerné par la chose publique et négliger ces données en raison de prises de position privées. Il faut d’abord songer à la responsabilité partagée que l’on assume. La politique a pour objet le bien public (…) Certes, le président est à l’écoute de tout le monde. Il ne suffit pas que quelqu’un vienne ici et lui dise : C’est ce que je veux. Cela ne s’appelle plus dialogue (…) Un dialogue véritable suppose que chacun sorte de ses intérêts étroits et place devant lui l’intérêt du Liban. J’ai parlé de tous ces sujets avec le premier responsable du Liban, celui qui porte la croix de la patrie ; mais on ne peut pas se contenter de le regarder agir, comme on ne peut se contenter de rester obstinément attaché à ses vues », a-t-il encore dit.

En réponse à une question, le patriarche Raï a affirmé qu’il n’a pas abordé la question de la dernière initiative en date du président Aoun, pour la bonne raison que « pour le moment, le président attend le président du Conseil désigné afin d’assurer avec lui le suivi de cette initiative. Le chef de l’État ne peut parvenir à un règlement sans la participation active de M. Hariri ».

Par ailleurs, le président Aoun a révélé à ses visiteurs qu’il avait pris contact avec le président Macron au sujet de l’incarcération de Carlos Ghosn. Le chef de l’État français, a-t-il ajouté, l’a assuré que trois avocats ont été chargés de défendre le PDG de Renault sitôt publié l’acte d’accusation.

Notons que parmi les visiteurs du président de la République, hier, figurait le ministre d’État brésilien aux Affaires de la présidence, Carlos Eduardo Xavier Marun (d’origine libanaise, de Ghazir), représentant du chef de l’État sortant, Michel Tamer, en présence de l’ambassadeur du Brésil Paulo Cordeiro de Andrade Pinto.

F. N.

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